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Pierre a proposé:
Vous êtes journaliste.
Vous rendez visite à l’inventeur de la toute nouvelle machine à beurrer les tartines. Vous écrivez votre article pour votre journal.
Alors que j’attends mon rendez-vous devant le salon des inventions du concours LEPINE, je vois mon frère s’approcher
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Qu’est-ce que tu fais ici ?
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J’attends Monsieur GERMAIN, l’inventeur de la machine à beurrer les tartines ! Nous devons faire un article pour le journal « le Progrès », après plusieurs essais.
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Une machine à beurrer les tartines, je ne connais pas ?
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J’en ai testé deux modèles : le premier modèle : c’est un ancien grille-pain, avec un réservoir pour le beurre.
Essai :
Une fois branché, le beurre ramolli, se retrouvait réparti uniformément sur le pain, lorsque j’ai essayé, le beurre avait trop chauffé et en se liquéfiant, s’est répandu sur la table…
Le deuxième modèle : c’est une autre sorte d’ancien grille-pain, avec un rouleau incorporé pour le beurre et dessus un tourniquet, qui, une fois branché actionne le rouleau qui verse le beurre sur la tartine, tout en avançant pour aplatir et beurrer uniformément le pain.
Essai :
Le rouleau précédant le beurre, se trouve tout graissé et la tartine bien aplatie, n’a rien dessus.
Les résultats n’ont pas été ce que j’attendais et je ne crois pas que c’est aujourd’hui qu’on va faire la publicité, dans quelque journal que ce soit.
Tant pis je vais continuer à beurrer les tartines le matin à toute la famille, tout comme mes parents le faisaient déjà.
Nicole B.
Rencontre avec l’inventeur de la machine à beurrer les tartines.
Aujourd'hui, en ma qualité de journaliste pour le concours Lépine, j'ai eu l'opportunité incroyable de rencontrer l'inventeur d'une machine qui pourrait bien révolutionner nos matins : la fameuse machine à beurrer les tartines. Oui, vous avez bien lu ! Une invention qui promet de nous libérer du lourd fardeau de l’acte presque héroïque de beurrer une simple tartine.
Ce fut un bon moment de rencontrer Monsieur FUTE, un inventeur audacieux qui a su combiner innovation et praticité avec sa dernière création : la machine à beurrer les tartines. Voici un aperçu détaillé de cette invention prometteuse.
En quoi consiste la machine à beurrer les tartines ?
La machine à beurrer les tartines de Monsieur FUTE est un appareil entièrement automatique conçu pour étaler une couche uniforme de beurre sur des tranches de pain en quelques secondes. Grâce à un mécanisme innovant, elle garantit une application parfaite, sans aucun gaspillage de matière grasse. Ce dispositif s'adresse à tous ceux qui souhaitent gagner du temps au petit déjeuner ou lors de la préparation de repas.
La machine se compose de plusieurs éléments clés :
Un réservoir à beurre : Il est isolé thermiquement pour maintenir le beurre à une température idéale, afin qu'il reste tartinable.
Un système de distribution : Un ensemble de petites spatules qui étalent le beurre de manière homogène sur toute la surface de la tartine.
Un panneau de commande : accessible et intuitif, il permet de régler l'épaisseur de la couche de beurre souhaitée et de choisir le type de pain à beurrer.
Un compartiment de nettoyage : Pour simplifier l'entretien, cette machine est dotée d'un système permettant de démonter facilement les pièces pour un lavage en profondeur.
Monsieur FUTE a veillé à ce que sa machine soit à la fois élégante et fonctionnelle.
Elle est fabriquée à partir de matériaux durables et respectueux de l'environnement, notamment :
Acier inoxydable : Pour les parties principales, ce matériau est non seulement robuste, mais également facile à nettoyer.
Plastique recyclable : utilisé pour les éléments extérieurs, il offre légèreté et résistance tout en étant écoresponsable.
Silicone alimentaire : Présent dans les spatules, il assure une parfaite adhérence et facilite l'application du beurre.
Stratégie de commercialisation
Pour la commercialisation de sa machine, Monsieur FUTE envisage plusieurs canaux :
- Vente en ligne : À travers une plateforme dédiée et des partenariats avec des sites de commerce, il souhaite atteindre une large audience.
- Démonstrations en magasin : Organiser des événements de présentation dans de grandes surfaces pour permettre aux clients de tester la machine.
- Réseaux sociaux : des campagnes marketing ciblées sur Instagram et Facebook pour toucher les jeunes familles et les amateurs de cuisine.
Prix de la machine
Concernant le prix de vente, Monsieur FUTE a l'intention de la proposer autour de 149 euros. Ce tarif est justifié par la qualité des matériaux, l’innovation technique et les économies de temps réalisées pour ses utilisateurs. En outre, il prévoit des offres promotionnelles lors du lancement pour encourager les premiers achats.
En somme, la machine à beurrer les tartines de Monsieur FUTE pourrait bien devenir un incontournable des cuisines modernes, alliant innovation et confort au quotidien. Nous avons hâte de voir comment cette invention séduira le public !
Mes très chers lecteurs, je dois vous avouer que, lorsque j'ai entendu parler de cette innovation, j'ai d'abord cru à une blague.
Après tout, qui aurait pensé qu’un jour, nous aurions besoin d'un appareil pour accomplir ce qui reste, je le pense, l'un des plaisirs simples de la vie ?
Beurrer sa tartine est un art subtil, un moment de connexion avec soi-même et… avec le beurre, bien sûr !
L'inventeur, armé d'un enthousiasme débordant, m'a expliqué que ce bijou de technologie est doté de capteurs ultramodernes qui évaluent la texture de la tartine et la quantité idéale de beurre. Mais franchement, n'est-ce pas un peu pousser le bouchon (ou le beurre) un peu trop loin ?
Je ne sais pas pour vous, mais je trouve que le petit bruit du couteau glissant sur le beurre froid est un vrai prélude au bonheur du petit-déjeuner.
En discutant avec des consommateurs présents sur le salon, j'ai pu observer deux camps se former : ceux qui voient dans la machine à beurrer les tartines une avancée technologique à saluer et ceux qui, comme moi, tiennent à leur vieux couteau en inox. Ces derniers ne manquent jamais de faire valoir que l’humanité a déjà traversé tant de défis sans avoir besoin d’un appareil pour étaler du beurre !
Tout cela me rappelle l'époque où nous discutions sur la nécessité des télécommandes maintenant, qui pourrait envisager de changer de chaîne en se levant du canapé ?
Pour les amateurs de nouvelles technologies, la machine à beurrer est un vrai bijou. Elle est offerte dans des couleurs flashy, avec des fonctionnalités dignes d'un smartphone dernier cri.
Mais soyons honnêtes, si vous avez besoin d’une application pour vous rappeler de beurrer votre tartine, vous devriez peut-être reconsidérer votre rapport au petit déjeuner.
Quant à moi, je préfère scandaliser le bon sens en continuant à beurrer mes tartines tranquillement, le nez dans mon thé fumant, savourant chaque instant de ce rituel matinal.
Qui sait, peut-être avec un peu de beurre qui s'éparpille sur la table pour ajouter une touche de créativité ?
Alors, chers lecteurs, qu'en pensez-vous ? La machine à beurrer les tartines est-elle l'invention qui va révolutionner nos petits déjeuners ou simplement une lubie des temps modernes ?
À vous de juger… mais moi, je repasse ma tartine au beurre !
À vos tartines,
Votre journaliste en quête de douceurs beurrées.
Annie M.
UNE INVENTION QUI REVOLUTIONNE L’UNIVERS DE LA BEURETTE
« Voilà comment pourrait commencer l’article de notre correspondant qui est allé à la rencontre de Monsieur Gabinot demeurant au lieu-dit La Beurette à Charentoz »
Reportage de notre journaliste de la Petite Crémière qui était sur place.
Il est 8 heures du matin. Dans le garage de Monsieur Gabinot, l’air est saturé d’une odeur de beurre noisette et de friture électrique. L’inventeur, un tablier de cuir noué autour de la taille, nous accueille avec un sourire de conquérant. Devant lui trône le « Bordure-Matic 3000 », une machine qui, selon ses propres mots, « rend enfin justice à la croûte ».
Reportage au cœur de l’absurde.
C’est une drôle d’invention que j’ai en face de moi ! un engin très haut sur pattes enfonte de France ! Eh oui ! plus exactement un assemblage à base de radiateurs en fonte découpés en gabarits et soudés et pour souder la fonte il faut être un sacré expert !
Le garage vrombit. Monsieur Gabinot ajuste ses lunettes de protection et saisit une tranche de pain de campagne de trois centimètres d’épaisseur. « Regardez-moi ça, Monsieur » s'écrie-t-il pour couvrir le bruit du compresseur. « On s’acharne à beurrer le plat de la tartine, mais on délaisse les petits côtés. C’est sec, c’est dur, ça n’a aucun goût ! Aujourd'hui, tout ça, c’est terminé. »
Un ballet de buses et de vapeur.
Le spectacle commence. Monsieur Gabinot insère la tartine verticalement dans une mâchoire en inox. Il appuie sur une pédale de machine à coudre et soudain, c’est le décollage. Un laser rouge scanne le périmètre du pain, tandis qu’un bras articulé, muni de micro-injecteurs, entre en transe.
Une brume fine de beurre demi-sel enveloppe littéralement la tranche. On entend le petit pschitt caractéristique des buses de précision. « Le secret, c’est la pression atmosphérique ! » hurle l’inventeur. La tartine tourne sur elle-même à une vitesse folle, pulvérisant du gras sur ses quatre flancs avec une régularité de métronome.
Dix secondes plus tard, le silence revient. Monsieur Gabinot extrait la cible avec des pinces chirurgicales. La tartine luit sous les néons du garage comme une pièce d’orfèvrerie. Elle est intégralement lubrifiée, du haut vers le bas, du nord au sud.
L’inventeur me la tend : « Allez-y, goûtez-moi ce périmètre ! »
Je tente de saisir l’objet. C’est là que le bât blesse. La tartine m'échappe instantanément, glisse sur mon carnet de notes et finit sa course sous un établi.
« C’est le coup de main ! » tempère Monsieur Gabinot sans perdre son enthousiasme. « Il faut la mordre au vol, ou la clouer sur la table avant de manger ! »
À l’extérieur, les voisins s’attroupent. On entend les commentaires : « Il est fada, le père Gabinot ! » ou « Au moins, on n’aura plus besoin de baume à lèvres après le petit-déjeuner ! ». L’intéressé, lui, s’en fiche. Il recharge déjà son réservoir de 500 grammes de beurre pour sa prochaine démonstration.
Monsieur Gabinot ne vend pas seulement une machine, il vend un rêve : celui d’un monde où aucune parcelle de pain ne restera jamais sèche. C’est inutile, c’est coûteux, c’est glissant, mais c’est terriblement drôle !
Pour les débutants, Monsieur Gabinot préconise de manger la tartine avec des gants de vaisselle à picots pour garder une certaine adhérence.
Mais laissons Monsieur Gabinot nous expliquer sa démarche :
G :- « Depuis des années j’étais intrigué par le problème de la tartine. Voyez- vous on beurre uniquement un des côtés de la tartine, avec toujours ce dilemme de ne jamais savoir si on a beurré le coté qui ne tombera pas sur le sol. Et bien j’ai eu la révélation en 1973 ! Alors que suite au choc pétrolier, je remplissais ma baignoire avec de l’essence sans plomb … L’idée a jailli ! Pourquoi ne beurrer qu’uniquement les 4 petits cotés ! Plus de problème pour tenir délicatement la tartine et quel délice d’ajouter une cuillérée de confiture maison ! »
J : « effectivement ! Mais si vous rajoutez de la confiture vous vous retrouverez avec le même problème que la face de tartine beurrée qui tombe ! »
G : « Ce n’est qu’un détail de l’histoire jeune homme ! songez que grâce à ma machine la France va pouvoir exporter son savoir-faire dans des pays qui ne connaissent pas les aventures de la tartine beurrée qui tombe du mauvais côté »
J : « vous croyez ? »
G : « Allons mon bon ! tenez ! vous allez me goutter cette petite douceur à base de beurre et de pomme accompagnée d’un bon cidre bouché ! »
J : « Ah oui, c'est très très bon et ça se mange tout seul ! Mais dites-moi, Monsieur Gabinot, pour faire tourner un tel engin en fonte, il faut une sacrée puissance, non ? On dirait que le moteur fait trembler tout le hameau de La Beurette ! »
G : (Rires) « C’est du robuste, mon petit ! C’est un moteur de machine à laver industrielle de 1954 que j’ai réalésé. Pour faire circuler le beurre dans des conduits en fonte de radiateur, il faut de la pression ! Si vous mettez du beurre froid, la machine vous recrache des copeaux comme une menuiserie. Il faut que ça chante, il faut que ça pulse ! Regardez-moi cette buse de projection : elle vient d'une vieille lance à incendie. Quand je lance la production, les oiseaux s'arrêtent de chanter à trois kilomètres à la ronde. »
J : « Je remarque tout de même que vos mains sont... disons... très brillantes. ..un effet secondaire de l'utilisation ? »
G : « C’est le métier qui rentre ! Le « Bordure-Matic » a encore quelques petites fuites d’étanchéité au niveau des soudures, alors forcément, au bout d’une heure, le garage ressemble à une patinoire. Mais voyez le bon côté des choses : je n'ai plus jamais besoin de mettre de crème pour les mains, et mes articulations sont graissées pour l'hiver ! »
J : « Et pour l'entretien ? Parce que du beurre dans de la fonte, ça doit finir par... comment dire... sentir ? »
G : « Ah ! C’est là que le génie intervient ! Une fois par mois, je fais circuler du Calvados à 60 degrés dans les tuyaux. Ça nettoie tout, et ça donne un petit goût de terroir à la fournée suivante. C'est ce qu'on appelle l'économie circulaire normande ! »
J : (En essayant de ne pas glisser sur le sol du garage) « Un dernier mot pour nos lecteurs de La Petite Crémière qui hésiteraient encore à investir dans votre machine ? »
G : « Je leur dirai simplement ceci : le monde change, mais la tartine reste. Ne laissons pas le progrès nous dicter par quel côté tenir notre pain. Avec ma machine en fonte, on redonne de la stabilité à la France. Et si la tartine tombe, eh bien, avec du beurre sur les quatre côtés, elle rebondit ! »
Conclusion de notre journaliste : Je quitte Charentoz avec une légère indigestion, une chemise à envoyer au pressing et la certitude que Monsieur Gabinot est le dernier rempart contre la tristesse des petits-déjeuners modernes. Un homme qui remplit sa baignoire d'essence ne peut pas avoir totalement tort sur l'avenir du beurre.
Gérard
Je suis Pierre Belleplume, journaliste à l’hebdomadaire parisien ‘’La Vie Illustrée’’ paraissant le jeudi. Mon rédacteur en chef m’envoie en reportage à la 4ème édition du Concours Lépine qui se tient du 8 au 24 Juillet 1904 au Petit Palais à Paris. C’est ainsi, qu’en ce matin du Samedi 9 Juillet, accompagné de mon ami photographe Jacques Beaucliché, nous déambulons dans les allées du salon.
Un prospectus déposé sur un présentoir attire mon attention. Il y est écrit en lettres grasses : « Mesdames et Messieurs, Chers visiteurs. Venez découvrir la machine à beurrer les tartines de Monsieur Théophraste Dupain, inventeur. Elle va révolutionner le petit déjeuner de toute la famille.
Rendez-vous Allée 7 Stand 26 ». Nous rejoignons le stand indiqué pour découvrir, au bout de l’allée, une longue table masquée par un grand rideau noir et trois chaises. L’une est occupée par un vieil homme âgé de soixante ans environ. Il nous accueille chaleureusement et se présente ainsi « Théophraste Dupain, inventeur entre autres merveilles, de la machine à beurrer les tartines ».
Il est vêtu d’un pantalon de velours côtelé couleur tabac, d’une chemise de bucheron à carreaux rouges et noirs nouée d’une cravate tire-bouchonnée rouge, le tout comprimé dans un gilet gris anthracite. Il porte également une blouse grise en épais coton, ouverte sur un ventre replet. Son visage un peu rond, affecté d’une légère couperose de bon vivant, est orné d’une barbichette et de favoris poivre et sel plus fournis que son crâne dégarni. Ses petits yeux bleus sont masqués en partie derrière des lunettes de myope à verres épais. Il dégage de cette homme une impression d’amabilité, de simplicité et de gentillesse naturelles. Nous nous présentons et l’informons de l’objet de notre visite. Nous souhaitons ramener pour un article dans le prochain numéro de notre journal, tous éléments pour faire le portrait d’un inventeur de génie et faire connaître à nos lecteurs le fruit de son travail. Théophraste n’ose pas se définir comme inventeur à part entière. Plus modestement, il pense plutôt faire œuvre de découvreur de trouvailles. Il sait que ses trouvailles ne révolutionneront le monde. Peut-être amélioreront elles le quotidien de ses contemporains face aux petites contraintes de la vie ?
A l’issue de cette profession de foi modeste et généreuse, je prends la parole : « Monsieur Dupain, montrez-nous donc cette fameuse machine à beurrer les tartines, nous sommes si impatients de la découvrir ». C’est alors que tel un magicien faisant apparaître des lapins derrière un rideau noir, d’un ample geste plein d’emphase, Théophraste dévoile une drôle de machine posée sur la longue table rectangulaire. Puis d’un ton docte et professoral, il prend la parole et entame la description de sa machine. Il s’est muni d’une fine réglette de bambou et tel un instituteur pointe chaque élément au fûr et à mesure de sa présentation. « La machine est composée d’un tapis sans fin, enroulé sur deux cylindres que l’on fait avancer grâce à une manivelle n°1. En tête du tapis, sur la gauche, un petit silo muni d’un trappon est destiné contenir les tranches de pain grillé ou les biscottes en attente. Elles tombent une à une à chaque tour de manivelle. Une fois la tartine déposée sur le tapis, une manivelle n°2, met en mouvement un rouleau muni d’un couteau racleur et diamétralement à l’opposé d’une spatule de bois. Lorsqu’ elle fait un demi-tour, le couteau vient prélever sur la plaquette de beurre des copeaux qui tombent sur la tartine. Un demi-tour suivant et la spatule vient étaler généreusement les copeaux de beurre sur la tartine. Un nouveau tour de la manivelle n°1 et le tapis avance face à l’opérateur prête à être dégustée et vous régaler.
A l’issue de cet exposé brillant mais bien théorique nous voilà prêts à voir fonctionner la machine miraculeuse. La démonstration va pouvoir commencer. J’ai taillé la mine de mon crayon, mon calepin de notes relié cuir est ouvert devant moi. Sur la page gauche, j’ai noté en entête : « Petit Palais à Paris le Samedi 9 Juillet 1904, 4ème édition du Concours Lépine – Rencontre avec Monsieur Théophraste Dupain, inventeur de la Machine à beurrer les tartines ». De son côté, Jacques a armé son appareil photographique Graflex sur son trépied prêt à capter les images qui illustreront notre reportage. La démonstration peut donc débuter. Théophraste prend alors un air pénétré, gonfle ses poumons d’une forte inspiration et nous demande de nous écarter un peu de la table et de la machine. Un petit groupe d’une dizaine de curieux s’est joint à nous et jouent des coudes pour approcher au plus près. Notre inventeur démarre alors la description du processus de tartinage et le modus operandi qui parait simple. Au fûr et à mesure des étapes, le démonstrateur procède aux différents gestes à accomplir.
- Point n°1 déposer les tartines grillées dans le silo en tête de tapis puis ouvrir le trappon pour les libérer en actionnant la tirette prévue à cet effet.
- Point n°2 faire avancer le tapis et positionner la tartine sous la motte de beurre en tournant la manivelle n°1
- Point n°3 à l’aide de la manivelle n°2 fabriquer des copeaux de beurre et ensuite les étaler sur la tartine en mettant en œuvre la spatule de bois
- Point n°4 à l’aide de la manivelle n°1 avancer le tapis et positionner la tartine beurrée jusqu’à la zone de récupération face à l’opérateur.
Tout se passe à merveille. Dans l’élan, cinq tartines sont réalisées et distribuées aux spectateurs enthousiastes. Monsieur Dupain est aux anges. Soudain, catastrophe, la sixième tartine chute sur le côté, se positionne en travers du tapis et le bloque se brisant lamentablement. Les copeaux de beurre chutent et s’écrasent sur le tapis. Les manivelles en folie tournent dans le vide.
Dans l’assistance certains pouffent de rire tandis que les autres plus indulgents ou charitables soulignent que les cinq premières tartines étaient excellentes et beurrées à souhait. Théophraste touché dans son orgueil, rouge de confusion convient humblement que « la machine a besoin de quelques améliorations pour sécuriser le process. De plus », ajoute-t-il : « songez que j’anticipe la généralisation de l’électrification des logements parisiens, et je travaille déjà à une future version électrifiée.
Elle serait dotée de deux résistances l’une permettant de griller les tartines, la seconde d’amollir le beurre et de petits moteurs remplaceraient les manivelles. Vous le voyez J’ai du travail pour les mois ou les années à venir. Je vous recontacterai, dès que je serai en mesure de vous la présenter » Sur ce nous prenons congé et rentrons au journal, dubitatifs. Décidément, c’est triste, mais cette machine n’est pas très fiable.
Assis à mon bureau, je rédige mon article. Je suis admiratif et attendri par ces inventeurs qui, comme Théophraste Dupain, malgré les échecs, sans se décourager, au fond de leur atelier mettent au point des objets et donnent le meilleur d’eux-mêmes à leurs contemporains. Parfois, une idée de génie peut émerger de leur imagination effaçant de gros échecs.
Nous le savons aujourd’hui, après cent-vingt-cinq éditions du concours, nous leur devons pêle-mêle, le batteur à œufs, le lave-vaisselle, le matelas pneumatique, le bac Riviera, le Pass Navigo, le fer à vapeur, sans oublier l’écarte-orteils pour la pose de vernis à ongle, le stylo bille ou la lentille de contact, le cintre gonflable pour les pulls de laine.
Didier
Aujourd'hui c'est simple.
Janvier 1968 : Odile Colombet pigiste à L'indépendant de Louhans, terminait son petit déjeuner, debout comme d'habitude elle était en retard, Elle devait déposer ses deux petites filles à la garderie de l'école, Mizane 6ans, Atlande 4 ans.
L’année 1967, avait été une année compliquée, elle venait de divorcer, divorce tumultueux, et elle se retrouvait à gérer sa nouvelle vie, après les fêtes de fin d'année pas mal chamboulées. Cela n'arrangeait pas son moral, mais elle avait décidé d'attaquer avec optimisme, cette nouvelle année.
Les enfants déposés, à la garderie, Odile filait 3 rue des dos d’ânes où se trouvait le groupe de presse, "L'indépendant "où elle travaillait depuis 5ans. Elle était rentrée comme "pigiste ". Elle était rémunérée à l'article, au reportage, ou à la photo qu'elle publiait.
Depuis ces 5 ans sa situation professionnelle avait évolué, elle devenait titulaire de son poste.
Odile Franchit ces étapes ce qui lui permit après son divorce de gérer mieux ses finances, ses enfants et son travail ! Ses parents natifs de la Bresse, lui étaient d'un grand secours quand elle partait faire une mission dans la région.
Ce matin-là, en arrivant à son bureau, son rédacteur en chef Jean Pierre Laplace, l'interpella.
Odile le craignait un peu. D’humeur souvent versatile, célibataire endurci, la soixantaine, des grosses lunettes à écailles, ce qui n'arrangeait pas son trait de caractère !
--« Oui Monsieur Laplace ? » Interrogea Odile à son chef en entrant dans son bureau ? »
-- « Voilà madame Colombet, vous n'avez pas d'affaires en cours, en ce moment j’ai eu des informations qui me paraissent intérèssantes, vous connaissez l'entreprise de la vache qui rit à Lons le Saunier ? »
-- « oui oui. »
- « Eh bien j’ai eu comme information par le Directeur de l'entreprise qu'un certain Monsieur, dont je ne me souviens plus du nom, se présente cette année au concours Lépine, à la Foire de Paris qui s'ouvre ce 30 avril jusqu'au 11 mai à la Porte de Versailles, dans le sud-ouest parisien, comme chaque année »
-- « et il présente quoi, ce Monsieur à part les portions de vaches qui rit et le Baby bel, je ne vois pas ce qu’il peut présenter comme découverte ? »
--« Eh bien paraît-il qu'il a un petit atelier, dans la fabrique, que le directeur lui a octroyé, c'est un monsieur très bricoleur, un peu farfelu, avec plein d'idées et qui depuis des années, s'est mis en tête de fabriquer une machine, un objet, qu'il pourrait présenter au concours Lépine ! il avait déjà fabriqué des objets souvent inutiles, et cette année il a créé une machine à tartiner des fromages que l'entreprise fabriquait ! tartiner la vache qui rit sur des petits pains, pour le goûter des enfants à la sortie des écoles, cette machine pourrait faire aussi du beurre à tartiner avec sucre ou cacao, comme nos goûters d'antan. ».
-- « pas bête comme idée, il s'installerait à la sortie des écoles ,il ferait son beurre loll...une idée un peu farfelue non? »
-- « peut-être ,mais pourquoi pas, vous savez dans ce concours Lépine on en voit énormément des objets farfelus! »
--« Vous savez, en 1901, lors de la première édition du concours Lépine, un certain Monsieur Bleton remporta le Prix du président de la République, la plus haute distinction du concours, pour son invention révolutionnaire à l'époque : le mouchoir jetable! »
« Impensable, pour l'époque !
« Au fait le pseudo de ce monsieur, ses collègues l'ont baptisé ‘‘Charlie Chaplin’’ à cause déjà de son look, tout en ressemblance avec le célèbre génie, son idole. Ses inventions rocambolesques, ont fini souvent à la décharge ! mais cette fois ci même ses collègues et son directeur pensent qu’il a une chance d’obtenir un prix ! »
-- « je vous prend le rendez-vous pour l'interview si ça vous intéresse ? et si l’interview tient la route vous l'aurez en première page ! »
--« Pourquoi pas! ça me changera des faits divers sinistres ! »« Et puis ça va mal dans le pays!
Une partie active du mouvement lycéen et étudiant revendique notamment la « libéralisation des mœurs », et au-delà, contesta la « vieille Université », la société de consommation, le capitalisme, le patriarcat, le paternalisme et la plupart des institutions et valeurs traditionnelles. Les syndicats menacent de faire grève !
La semaine suivante Odile obtient le rendez-vous avec le pseudo 'Charlie Chaplin ".Il est vrai que la ressemblance physique était surprenante ! Cheveux noirs bouclés, petite moustache de la même couleur, démarche sautillante !
Odile pensa d'un coup ! « J'espère qu’il parle, sinon pour l'interview ça va être compliqué !
-- « Madame Odile, on va directement à mon atelier comme cela je vous montrerai en même temps mon invention... » Odile sursauta une voix fluette l'invitait à le suivre, Oui il parlait ! et cette voix surprenante collait au personnage qu'il avait voulu façonner à l'original, certainement fan de ce génie !
--« S’il vous plaît appelez-moi Odile, Monsieur ? »
-« Excusez-moi Je m'appelle Edouardo,"chui "de parents italiens, j'ai gardé un peu l'accent excusez. J'avais 20 ans quand nous sommes arrivés ici en Saône et Loire. Oui je sais les copains m'appellent "Chaplin", puis avec un sourie coquin, mais j'aime bien ! »
Odile avait déjà sorti son bloc-notes, et avait déjà rempli une demi-page, le personnage lui plaisait. L'interview dura 1h 30 Edouardo se révéla un homme passionnant.
Il raconta son arrivé en France, les galères pour ses parents, pour lui des petits boulots au début, puis manutentionnaire dans cette fabrique de fromage, et sympathisant avec le directeur intrigué par ses capacités inventives, il hérita de cet ancien établi moyennant un somme modeste.
Sa dernière invention, cette machine à tartiner, encouragé par ces copains renforça son envie de se présenter au concours Lépine,
Odile eu droit à goûter les petits pains, sa préférence fut ceux au beurre, saupoudres de cacao!
La machine était assez simple avec trois compartiments, et facilement exploitable !
Odile prit congé D'Édouardo.
Elle avait pris quelques photos, son bloc-notes était rempli ,elle était satisfaite de l'entretien, elle promit à Pseudo "Charlie Chaplin ' de le tenir au courant, sur la décision de son rédacteur en chef !
La semaine suivante, rendez-vous pris avec son directeur de Presse et lui exposa ce qu’elle avait recueilli de son interview, avec ce surprenant EDOUARDO !
-- « Je vous sens emballée Madame Colombet.. ».
-- « oui Monsieur Laplace, vous savez par les temps qui courent, la machine à un coût très raisonnable et le projet très preneur pour les enfants ,les nouveautés plaisent beaucoup ! »
--- « Aller banco vous avez votre "Première Page" dans le journal, L'indépendant. Il est distribué dans toute la Saône et Loire, juste allez refaire quelques nouvelles photos de notre Pseudo "Charlie Chaplin’’ Mettez en valeur son côté clown! Ça plaira aux enfants et le sujet sera plus accrocheur ! il faudra envoyer mi-février ! «
--« ok chef ,ce sera fait ! »
Odile reprit rendez-vous avec Edouardo, ravi d'apprendre qu’il allait faire la première page de L'indépendant et que peut-être son rêve allait se réaliser. Être sélectionné pour le concours Lépine !
Odile boucla son Papier dans les temps et mi-février en première page de L'indépendant, UN CLOWN" au nom D'ÉDOUARDO tenant une pancarte dans ses mains où était inscrit :
"LES TEMPS MODERNES" LA MACHINE À DISTRIBUER DES PETITS PAINS, TARTINÉS AU FROMAGE, BEURRE, CACAO ET À LA GRANDE NOUVEAUTÉ "LE NUTELA"
Rendez-vous au concours Lépine à la Foire de Paris Porte de Versailles Du 30 Avril au 11 Mai
Venez nombreux, je vous Attends !
ÉDOUARDO.
Hélas, l'euphorie et le succès que produisit cette première Page De L'indépendant fut de courte durée
Au grand désespoir D'Édouardo, Les événements de mai 1968.
Une révolte étudiante partie d'une banlieue parisienne, fût rapidement rejoinete par une grève générale qui finit par mobiliser quelques 10 millions de travailleurs.
Pendant une grande partie du mois de mai 1968, Paris fut le théâtre des pires émeutes.
La fabrique de la Vache qui rit de Lons le Saunier ferma ses portes, quelques temps, et le Rêve D'Édouardo s’envola dans les Étoiles...
Aujourd'hui c'est simple ! Pierre Delphin.
La simplicité est une chose difficile à atteindre.
Charlie Chaplin.
Marie
Drôle de machine
Je viens juste de quitter mon bureau, mon portable vibre dans ma poche …
Mon rédacteur en chef me demande de le rejoindre de suite dans son bureau ! Alors je reprends l’ascenseur… mais dans le sens montée ! Il me reçoit avec une énergique poignée de main, un grand sourire et m’invite à m’asseoir.
- « Dis donc, demain, tu vas passer la matinée, au salon des arts ménagers … Je viens de te trouver un rendez-vous, à 9 heures, juste avant l’ouverture du salon, au public. »
Je n ‘ai même pas le temps de réagir en lui posant une question, qu’il se met à rire …
- « Tu vas rencontrer Monsieur BARATTE, je suppose que tu as entendu parler de ce grand inventeur ? Il est génial, d’un abord très sympathique et si tu sais bien le questionner, il va te dévoiler ses secrets … »
Bien sûr, je reconnais mon ignorance sur les inventions de ce personnage !
Mon chef poursuit – « Eh bien ce grand monsieur tente depuis plusieurs années, de mettre au point, une machine à beurrer les tartines ! »
- « à quoi ? » en mettant ma main en écho près de mon oreille, j’attends sa réponse
- « mais tu as très bien entendu … à beurrer les tartines ! Si tu préfères à étaler du beurre sur des tartines ! »
- « Mais c’est quoi ce farfelu ? »
- « tu vas le découvrir demain 9 heures … »
En effet, le lendemain, 8 heures 50 je me retrouve dans le grand hall du salon, il y a un fort brouhaha, car il y a beaucoup de monde, surtout des hommes. Je scrute les visages, cela ne me sert à rien puisque je ne connais pas Monsieur BARATTE. Toutes ces personnes sont debout autour de petites tables rondes, dégustant leur café … Certains leur ordinateur posé devant eux, sont entourés de curieux et parlent assez fort tout en gesticulant !
Un peu à l’écart, je remarque un monsieur, d’un certain âge. Devant lui, posés sur la table, une bouteille d’eau et un verre. Ses longs cheveux blancs tombent en broussaille sur ses épaules … Etrange personnage, mais qui collerait bien avec mon inventeur !
Vêtu d’une veste de velours noir, une longue écharpe rouge entoure le dossier de sa chaise, son regard se perd au travers de la fenêtre.
Un peu timidement, je m’approche, il tourne la tête et me dit
- « vous êtes sans doute le journaliste qui veut tout savoir sur mon invention que je viens enfin de mettre au point ? Alors, asseyez-vous mon jeune ami … Savez-vous, que cette machine était devenue mon obsession … Dix années à chercher, créer, fabriquer, puis démonter pour améliorer, apporter des détails supplémentaires, en enlever d’autres ! Vous ne pouvez imaginer combien de nuits blanches j’ai passées ! Si j’arrivais enfin, à m’endormir et bien, il fallait que je rêve à cette machine ! Pourtant, les plans que j’avais élaborés au millimètre près étaient réalistes sur le papier … mais, il y avait souvent, un problème dans la conception. Avez-vous déjà essayé d’inventer quelque chose ? Vous êtes encore trop jeune … et puis, vous n’avez peut-être pas de temps libre. Vous faites du sport ? »
Alors, profitant de cette question, je prends la parole car depuis le début de l’entretien où j’ai risqué un - « bonjour Monsieur, je suis … »
Donc je profite qu’il avale un verre d’eau
- « Oui Monsieur, en effet, je travaille pour le journal Paris Nord, et ma première question est la suivante
- pourquoi inventer une telle machine ? »
Je ne sais même pas s’il a fait attention à ma demande, car le voici à me détailler la fabrication de la machine !
Alors, la mécanique n’est pas une chose qui m’intéresse particulièrement n’étant pas du tout bricoleur …
Bref, j’écoute et avec sa permission je prends des notes sachant très bien qu’il ne me donnera pas l’essentiel de cette invention !
En long, en large, il me parle de ses nombreux échecs jusqu’à, enfin, la réussite.
« Il suffisait qu’il rajoute un petit contre poids pour maintenir la tartine en place lorsque la lame, chargée de beurre, passe deux fois sur la biscotte ou la tranche de pain grillé de préférence … Attention, pour une meilleure adhérence, le beurre doit être mou mais sans trop ! »
Sa géniale invention qu’il va présenter au public, sera, sans aucun doute, commercialisée au printemps prochain !
Soudain, une agitation résonne dans le hall … Les portes du salon s’ouvrent ! Les exposants regagnent leur stand, le public ne va pas tarder à entrer.
Monsieur BARATTE se lève et me dit
- « Voilà mon jeune ami vous savez tout ou presque, n’importe comment, si vous venez voir ma machine, cela ne vous apportera rien … »
- « Monsieur, je voudrai la voir fonctionner … »
- « Bien-sûr, je vous comprends, mais voyez-vous, il me semble bien que j’aie oublié de prendre le beurre ... »
Denise
Une invention révolutionnaire !
Un grand pas vient d’être franchi pour nos petits déjeuners !
Oui en effet Mr Dupont vient d’inventer la machine à beurrer les tartines ! Que de temps gagné et de manipulations épargnées…
Lors de sa démonstration au public au salon de l’innovation, où il a été primé, j’ai eu la chance de pouvoir m’entretenir avec son génial inventeur. Il m’a alors expliqué comment l’idée avait germé en lui :
Ayant une famille nombreuse chaque matin il passait beaucoup de temps à beurrer les tartines de ses enfants. En grandissant ils en réclamaient toujours plus et il n’arrivait plus à satisfaire à la demande !
Comment a-t-il eu l’idée de concevoir une telle invention qui nous manquait jusqu’alors !
C’est en regardant des émissions à la télévision sur des pâtissiers qui remplissaient des moules avec de la crème qu’il a pensé qu’une machine à beurrer les tartines lui serait bien utile !
Il a rencontré de nombreux problèmes pour la conception de sa machine, mais avec de la persévérance et de nombreux essais il est arrivé à ce résultat extraordinaire.
Il a conçu un chariot qui amène les tartines (étant entendu qu’elles doivent toutes être du même calibre) Ensuite le beurre, placé dans une coupelle métallique passe sous une lame tranchante.
Un levier fait tomber la lamelle de beurre sur la tartine qui avance sous une sorte de pilon qui aplatit le beurre et le fait adhérer au pain. La tartine ressort de l’appareil. Il n’y a plus qu’à la récupérer !
Tout cela se fait avec une cadence bien au point afin qu’il n’y ait pas d’attente pour savourer son petit déjeuner !
Il envisage de concevoir une annexe à sa machine pour que le pain arrive grillé !
En attendant au salon de l’innovation tout le monde se pressait pour acheter cette nouveauté.
Il n’y en aura pas pour tous….
Christiane
Nous sommes devant la demeure du célèbre Professeur Leduc. Quel privilège pour le reporter de France Public que je suis.
Je suis impatient de rencontrer ce grand génie. Il est le seul qui ait découvert la fabuleuse plante ‘’la forcika impériale’’, une épice aromatique pour la haute gastronomie. Quel prodigieux et immense savoir ! Il a inventé la technique de l’assiette ni ronde, ni ovale ! Et l’incroyable parapluie qui chante sous la pluie.
Il faut dire qu’il ne sort que très rarement de son laboratoire. Il ne pense qu’à ses découvertes.
Nous sommes devant son portail un peu vieillot et qui aurait besoin d’un bon coup de peinture. L’allée ou plutôt le chemin de terre qui conduit à la villa est pavée de dalles où l’herbe fait son gîte. La demeure de construction ancienne est faite de briques apparentes et de grandes fenêtres de style rococo
Ah ! on vient nous ouvrir ! C’est la bousculade ! C’est au premier qui arrive bardés de caméras, appareils photos haut-de gamme, tout l’arsenal des reporters.
Il attend là, devant son laboratoire qui est en retrait dans la maison.
Les mains dans les poches de sa blouse blanche, cheveux en bataille, la blouse boutonnée de guingois, les chaussures qui devaient être grises ou marron mais sont couleur caca d’oie. Il nous sourit, nous fait signe de le suivre et nous conduit dans son antre. Nous entrons dans une grande pièce aux murs blancs.
De grandes et longues tables sur lesquelles sont étalés une multitude d’objets insolites : tubes et éprouvettes, alambics, une mini-balance avec ses plateaux en cuivre et ses pieds en laiton, une boite de poids … Des tas d’objets bizarres, de fioles et de flacons contenant un liquide bleu, verdâtre ou encore rose. Quel désordre ! Enfin, pour nous qui ne comprenons rien à ses travaux.
Pour le savant Bernard Leduc, la vie, c’est essayer, se tromper, recommencer et ne jamais renoncer !
Il nous conduit vers un coin de table. Il nous fait signe de regarder. Il nous désigne un appareil avec deux roues miniatures posé sur une plaque de verre transparent. Au-dessus, quelque chose a l’apparence d’une tranche de pain. Deux petites spatules, blanches, plates sont fixées sur le côté de l’appareil, ainsi qu’un entonnoir le bec dirigé sur la plaque où est posé le pain.
Curieux comme machine !!!
« Messieurs, Messieurs, s’il vous plaît ! » dit-il se tournant vers nous. Flash, flash et reflash. Appareils photos, micros pointent vers lui qui tout sourires dit : « Voici dons la machine à tartiner indispensable ! Voyez, rien de compliqué ! Juste du beurre et du pain ! et voilà ! »
Et nous tous de regarder, de détailler, de comprendre… cet appareil !
Qui aurait dit qu’il allait nous être indispensable le matin pour le petit déjeuner !!!
Josy


