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Stylo à plume

Pierre a proposé:

  • L’hiver arrive, pour les humains comme pour les animaux. Je vous propose de nouveau, d’écrire un conte.

  • Le thème : une famille d’écureuils qui a établi domicile dans un grand arbre près de chez vous.

  • Les personnages principaux sont : Grignote, le père. Grignette, la mère. Grignoton, le fils. Grignotone, la fille.

  • L’action : Grignote part faire la réserve de noisettes pour l’hiver.

    • Quelle sera votre histoire ?

  • L’hiver arrive, pour les humains comme pour les animaux. Je vous propose de nouveau, d’écrire un conte.

  • Le thème : une famille d’écureuils qui a établi domicile dans un grand arbre près de chez vous.

  • Les personnages principaux sont : Grignote, le père. Grignette, la mère. Grignoton, le fils. Grignotone, la fille.

  • L’action : Grignote part faire la réserve de noisettes pour l’hiver.

    • Quelle sera votre histoire ?

Les noisettes de la 16e Planète 

          Ce matin, dès l'aube, Grignote écureuil et noisi-cueilleur de la 16e planète, se leva de bonne humeur, comme il le faisait depuis sa prime enfance. Il s'habilla chaudement, car, en cette année 2140 après l'Ecureuil Magique ou EM en abrégé, la météo signalait les brumes caractéristiques de cet automne qui durait six longs mois. Il faut préciser que sur la 16e planète, l'année durait 24 mois, avec les mêmes 4 saisons que sur la planète terre, mais avec une durée de 6 mois. Il ouvrit la fenêtre de sa petite maisonnée et, l'odeur de la brume lui caressa agréablement les narines. Je tiens à préciser que sur la 16é planète la brume d'automne sentait un mélange de noisettes fraiches et grillées. Il referma délicatement sa fenêtre et prépara le petit déjeuner pour sa petite tribu endormie. De bonnes tartines de champignons secs recouverts de marmelade de pommes et une décoction à base de noisettes torréfiées

          Madame Grignette, chaudement vêtue d'une robe de chambre en mousse et chaussée de pantoufles légères en écorces de bouleau, apparut à l'entrée de la cuisine.

- « Bonjour mon Doux, alors tu vas aller voir ta clairière à noisettes ? » dit-elle à son compagnon de toujours

- « Bonjour ma Douce ! »

- « Oui et il fait très froid » Il se dandina sur ses deux pattes et se lança :

- « Dis-moi ma Douce, crois-tu que les enfants aimeraient venir avec moi ? »

- « Oh oui ! Ils me tarabustent tout le temps avec cette histoire de clairière mystérieuse et de noisettes extraordinaires ! »                                           

- « Oh ! tu sais la clairière n'est pas si mystérieuse, mais elle est bien cachée et les arbres sont magnifiques et donnent des noisettes énormes et goûteuses, ce qui fait leur rareté »        

- « Eh bien, mon Doux, je vais les habiller chaudement et leur préparer un grand panier pour toutes ces groooossses noisettes ! »

          Bien emmitouflés, les voilà tous les trois partis !                                   

- « A plus tard maman ! » s'écrièrent les enfants Grignotons et Grignotine.

- « A plus tard ma Douce ! » ajouta papa Grignote

         Ils marchèrent, marchèrent, très longtemps pour les enfants qui regardaient, le nez en l'air, les papillons aux ailes           translucides ou chamoirées. Le sol craquelait sous les feuilles mortes et les insectes sautaient à leur passage. Parfois le Père Grignote s'arrêtait, guettant des bruits inquiétants. Mais, cette fois ci, ils n'eurent pas la nécessité de grimper aux arbres pour s'abriter de quelques bêtes menaçantes qui auraient bien croqué la petite tribu.

          Enfin, après une bonne trottée, apparut la clairière " mystérieuse " entourée par des noisetiers magnifiques. De beaux arbres, dont certains centenaires, laissaient leurs maitresses branches couvertes de noisettes énormes, pliées sous le poids de la récolte. Une odeur magique, suave, entêtante, baignait les lieux. Tout était calme et volupté ainsi déclamait le célèbre poète de la planète Terre, qui apparaissait cycliquement dans le ciel de la 16eme planète. Elle scintillait la nuit, éclairée par quelques étoiles inconnues. 

          Le grand sac de Grignote et le panier de Grignoton et Grignotone furent rapidement remplis. Il était temps, car, autour de cette clairière, le sous-sol se réchauffait parfois brusquement et la chaleur montant dans l'atmosphère rendait la respiration difficile. Ils partirent très vite pour échapper à cette clairière qui, finalement était bien mystérieuse.

          Le retour sembla très court pour Grignoton et Grignotone, bien occupés à déguster quelques magnifiques et grosses noisettes sous l'œil attendri de Grignote. A l'approche de la chaumière, ils aperçurent Grignette qui les attendait sous le porche.

« Comme toute bonne mère ma Douce » lui répondit Grignote, très ému par la tendresse de Grignette.

« Venez vite vous restaurer, puis si vous êtes d'accord, je vous ferai une tourte aux noisettes avec quelques­ unes de votre belle récolte, je vous prendrai les plus fraiches ! »

« Oh oui maman Grignette ! >> s'écrièrent Grignotone et Grignoton

          Une fois rassasiés, toute la maisonnée se mit à trier la belle récolte, et maman Grignette prépara la tourte promise, vite enfournée dans la petite cheminée. La fin de la journée arrivait, aussi, papa Grignote suggéra de déguster la tourte au sommet de la petite butte qui surplombait la maison.

          Et toute la petite tribu des écureuils savoura la belle tourte de maman Grignette en regardant les deux soleils de la        planète, rougir en se couchant à l'horizon.

          Leur 16eme planète était décidément la plus belle de leur galaxie.

Gérard

Il était une fois, dans un noisetier, au fond du jardin, un couple d’écureuils Grignote et Grignette qui avaient établi leur maison sur un ancien nid de pie, accompagnés de leurs deux enfants Grignotone et Grignoton.

Grignotone était une enfant obéissante et serviable au contraire de son frère, un peu paresseux et obstiné.

Un jour que Grignote, le papa, était de retour, parti pour faire la réserve de noix et noisettes pour l’hiver, il fut surpris d’entendre, avant de franchir le seuil de la maison, sa femme Grignette qui hurlait désespérée après Grignoton, qui lui répondait très fort aussi « Je ne veux pas me laver et je ne me laverai jamais ».

Grignote alors intervint et dit :

    - « Ecoute Grignoton, cela ne peut plus durer, puisque tu ne veux pas faire comme les autres, nous allons te chasser du logis, tu coucheras à la belle étoile et peut-être par malchance, tu te feras croquer par le loup. »

Grignoton qui était très entêté, répondit à son papa :

  • « Je veux bien coucher à la belle étoile, je veux bien être croqué par le loup, mais je ne veux pas me laver. »

    -     « Entendu, » dit le père, « prends ton baluchon et va chercher un gîte où tu voudras. »

Grignoton prit son baluchon et s’éloigna sans se retourner, se sentant le cœur lourd, mais ne voulait pas le montrer. Il suivit son chemin, droit devant lui, bondissant de rameaux en ramilles et répétant de plus en plus haut « Je veux bien coucher à la belle étoile, je veux bien être croqué par le loup, mais je ne veux pas me laver ».

Comme il chantait et sautait sans prendre garde où il mettait les pattes, il manqua tout à coup sa branche, et POUF ! il tomba sur le dos du loup qui dormait.

Le loup réveillé en sursaut, se dressa furieusement et ouvrit sa grande gueule pour le manger. Mais Grignoton tout à sa pensée, s’assit sur sa queue et dit de son filet de voix têtu : « Je veux bien être croqué, Monsieur le loup, mais je ne veux pas me laver. »

Le loup fut si étonné qu’il en referma sa grande gueule. Il examina l’écureuil, « c’est trop compliqué pour moi » dit-il enfin, « je suis le loup le plus important du pays, chacun sait que j’ai l’habitude d’une nourriture choisie. De quoi aurais-je l’air si je mangeais un écureuil qui sent mauvais, tout crotté et plein de boue ! »

« Monsieur le loup, » dit Grignoton bien poliment, « vous n’allez peut-être pas me croquer, mais mes parents m’ont mis dehors et il faudrait que je me nourrisse, mais je ne veux pas me laver. »

Quand le loup l’entendit, il leva la tête, ouvrit la gueule et se mit à hurler comme un désespéré. Tout le bois en retentissait, ce qui alerta les parents qui arrivèrent à son secours.

Tu vois » dit Grignotone, « ce qui est arrivé ! »

« Et qu’est-ce qui m’est arrivé ? » répondit Grignoton, « le loup ne m’a pas croqué, je n’ai pas dormi à la belle étoile et je ne me suis pas lavé… »

Mais comme au fond c’était un gentil petit écureuil et qu’il voulait faire plaisir à ses parents, après cette aventure, il rentra dans la maison et se jeta dans la baignoire parfumée.

Nicole B.

Les aventures de la famille Grignote

Dans un joli jardin où le soleil brillait et où les fleurs dansaient au gré du vent, une charmante famille d'écureuils avait élu domicile dans un majestueux chêne.

Ce chêne, avec ses branches robustes et son feuillage luxuriant, offrait un refuge parfait pour Grignote, le père écureuil au pelage roux éclatant, Sa compagne Grignette, était une mère attentionnée, délicate et espiègle, toujours prête à encourager ses petits, leurs deux adorables petits : Grignoton, le fils malicieux, et Grignotone, la fille curieuse et inventive.

Grignote était un vrai chef de famille. Chaque matin, il sortait à la recherche des meilleures noisettes et des graines les plus savoureuses. Son flair exceptionnel pour dénicher les en-cas cachés faisait le bonheur de sa petite tribu.

Sa voix chaleureuse résonnait dans l’arbre alors qu'il appelait ses enfants à se joindre à lui pour le petit-déjeuner :

"Venez, mes petits !   Aujourd'hui, nous avons des glands tout fraîchement trouvés !"
Grignette, quant à elle, s’occupait de rendre leur maison aussi accueillante que possible. Elle décorait leur nid de feuilles tendres et de brindilles soigneusement choisies, créant ainsi un espace douillet où chacun pouvait se blottir.

Avec un sourire malicieux, elle préparait parfois des surprises à ses enfants, comme des jeux de cache-cache entre les branches.


Grignoton et Grignotone, pleins d'énergie et d'enthousiasme, passaient leurs journées à explorer leur royaume. Ils grimpaient aux arbres voisins, se lançaient des défis pour attraper la plus belle cerise ou le plus gros gland. Grignoton adorait faire des pirouettes et se pavaner devant sa sœur, tandis que Grignotone, toujours à l'affût d'une nouvelle aventure, proposait de découvrir des coins inexplorés du jardin.

En un rien de temps, le petit clan devint la vedette du jardin. Les oiseaux venaient s'approcher pour observer leurs facéties, tandis que les voisins n'hésitaient pas à interrompre leurs activités pour admirer le spectacle amusant qu'offrait cette famille d'écureuils espiègles.

Alors que l'automne commençait à teinter les feuilles de couleurs dorées, Grignote savait qu'il était temps de préparer leur réserve de noisettes pour l'hiver.

Un matin ensoleillé, il annonça à sa famille :

« Chers petits, aujourd'hui, je pars en quête de délicieuses noisettes ! Restez bien ici et ne vous éloignez pas trop. ᄏ

Grignotte, avec un sourire affectueux, ajouta : « N'oublie pas de revenir rapidement, mon cher ! Nous avons besoin de toi. »

Grignote quitta le nid douillet, son cœur léger et l’esprit plein d'enthousiasme. En chemin, il grimpa aux arbres voisins, empêchant des feuilles de tomber sur son chemin. Tout en sautillant de branche en branche, il découvrit un champ d’arbres généreux, chargés de noisettes dorées.

Cependant, Grignote ne s'attendait pas à croiser un vieux hibou, sage et intrigué, qui observait tout cela d'un air amusé.

« Jeune écureuil, » dit le hibou avec une voix profonde, « pourquoi ne pas partager ta récolte avec les autres animaux de la forêt ? L’hiver peut être rude, et l’entraide est précieuse. »

Grignote réfléchit un instant. Il aimait les diversions que lui offrait la collecte de noisettes, mais l'idée de partager avec ses amis l'enchanta.

« Tu as raison, ami hibou, » répondit-il. « Je vais ramasser des noisettes pour ma famille, mais aussi pour ceux qui en ont besoin. » ᄏ

De retour chez lui, Grignote avait non seulement amassé des noisettes pour sa famille, mais aussi quelques-unes qu’il avait promis d’offrir aux autres. Lorsqu'il rentra, Grignette et les petits l’accueillirent avec des cris de joie.

« Regarde ce que j’ai trouvé ! » s’exclama Grignote en versant les noisettes dans leur cachette. « Et j’ai décidé de partager avec nos amis dans la forêt. »

Grignette fut ravie et les enfants applaudirent. Ensemble, ils organisèrent un petit festin au pied du grand chêne, invitant tous leurs voisins : les lapins, les oiseaux, et même le vieux hibou, qui leur raconta des histoires merveilleuses.

Ce jour-là, la famille Grignote apprit que la générosité apportait autant de bonheur que la richesse matérielle. Ils réalisèrent que l’amitié et le partage rendaient leur petit monde encore plus chaleureux.

 

Alors que l’hiver s'installait doucement, Grignote, Grignette, Grignoton et Grignotone se blottirent les uns contre les autres, remplis de joie, de chaleur et de souvenirs précieux, prêts à affronter la saison froide ensemble, entourés d'une communauté aimante.

Ainsi, dans le grand chêne du jardin, la famille Grignote continuait de grandir et de vibrer au rythme des saisons, vivant heureuse et insouciante, partageant ensemble les joies simples de la vie en famille.

Annie M-C

Une famille d'écureuils a élu domicile dans le grand frêne qui trône au milieu du parc bordant ma maison. Je les croise à chacune de mes promenades. Je les surprends à grignoter des baies, fleurs, bourgeons, fruits, escargots, graines, pommes de pin et insectes au printemps et en été. Lorsque l'automne, puis l'hiver, arrivent, ils se ruent sur les châtaignes, noisettes, noix et écorces. Arthur, qui m'accompagne lors de mes balades, leur a trouvé un petit nom à chacun.

Le plus dodu qui semble être le papa, se nomme Grignote. La maman plus menue et très gracieuse, a pour nom Grignette. Les deux petits rouquins sont Grignoton et Grignotonne, car Arthur a décidé qu'ils étaient frère et sœur. Ce matin d'Octobre, Grignote commence à faire ses réserves pour l'hiver. Grignette s’attèle aussi à la tâche, tout en suivant des yeux les petits qui jouent, insouciants. Toutes les provisions sont enterrées à 30 cm sous terre, et seront retrouvées grâce à leur flair infaillible. Grignote a une préférence pour les noisettes, Grignette fait des choix plus variés.

Qu'est-ce qu'ils sont bruyants ces petits, on les repère aisément avec leurs cris de crécelle !

Arthur a grimpé dans la cabane qu'il s'est construite dans les arbres, moi je l'attends en bas, et je suis à l’affût, prêt à intervenir en cas de danger. Je m'allonge et j'observe les petits qui cachent aussi des provisions, comme par jeu, en imitant leurs parents.

Ils sont tous magnifiques avec leur pelage roux et leur queue en panache, fièrement dressée.

Je guette les oiseaux qui passent au-dessus des arbres, surtout les très gros, qui pourraient d'un plongeon, attraper ces petites proies. S'il le faut, j'interviendrai !

Arthur a rejoint la terre ferme et nous poursuivons notre promenade. Il a pris des cacahuètes dans ses poches mais le sachet a craqué, il a dû en abandonner dans la gadoue du sentier. J'ai aperçu au loin Grignote qui s'empressait de venir les récupérer, avec gourmandise. Je vais trouver un moyen pour lui en offrir à nouveau.

Chaque promenade est pour moi un plaisir et un besoin dont je ne saurais me passer. Mes nouveaux copains ne prennent plus la fuite à mon passage, même s'ils restent loin. Ils semblent ne plus avoir peur de moi. Un après-midi, à la force de mes mâchoires, j'ai réussi à déchirer le sachet de cacahuètes d'Arthur sans qu'il s'en aperçoive et, comme le Petit Poucet, il les sème tout le long du chemin, de quoi ravir Grignote, cela ne fait aucun doute. Arthur adore ce conte, le livre est rangé dans la bibliothèque de sa chambre, et j'aime l'écouter le lire à haute voix. Je m'endors, à même le sol, au pied de son lit, avant la fin de l'histoire !

Ce matin le ciel est dégagé, j'attends Arthur avec impatience pour notre balade. Mais soudain une ombre apparaît au-dessus des arbres. Mon œil affûté détecte sans hésitation l’ombre d'un énorme oiseau, peut-être un faucon. Je les ai déjà vu attraper des proies à la vitesse de l'éclair. Tant pis pour Arthur, je prends mon élan et je franchis d'un seul bon la clôture du jardin, je fonce de toute la puissance de mes muscles. Le faucon me repère et préfère renoncer à son déjeuner.  Ma course prend fin au pied du grand frêne où mes copains ont pointé leur museau. Je n'ai jamais été aussi près d'eux et ils ne se sauvent pas ! Malgré ma stature d'un mètre au garrot et mes 70 kilo

s, ils n'ont pas peur de moi ! Je suis le plus heureux des...lévriers irlandais fauves ! Je dresse ma queue en panache, j'ai l'air d'un écureuil géant et je m'appelle Connor!

Je suis incapable de grimper dans les arbres, je préfère une bonne pâtée à des cacahuètes, mais j'ai trouvé des vrais amis, c'est certain ! Je suis un doux géant ! Pas un de ceux qui mangent les enfants dans les contes.

Vous me direz que ce récit est insensé, car les animaux ne parlent pas.   Demandez donc au Chat Botté ce qu'il en pense, chaussé de ses bottes de sept lieues, il nous a fait partager des aventures extraordinaires. J'aurais tellement aimé que Charles Perrault m'ajoute à ses personnages de contes !

J'imagine même le titre du livre : Le lévrier irlandais amis des écureuils.

 

Lorsque je dors, il m'arrive d'en tourner les pages et de vivre de belles aventures.  Peut-être que celle que je vous ai narrée est le fruit de mon imagination.  Une chose est certaine, Arthur est bien là, je sens l'odeur de la pâtée et j'en salive de plaisir...Ça, c'est bien réel !

Annie N

Dans l’arbre, un chêne, près de chez moi, vit une famille d’écureuils Père, Mère, Fils et Fille.

Le père Grignote est rondelet, moustaches toujours frémissantes, le pelage roux très sombre. La mère Grignotine, le sourire, constamment au museau, le regard posé avec tendresse sur ses petits, les surveillant les grondant gentiment, les yeux dorés, silhouette élancée au pelage roux clair.                                        

Le fils Grignoton est constamment en mouvement. Sa queue en panache toujours bien alignée sur dos, agile, sautant de branche en branche, se rétablissant rapidement en quête de nouvelles acrobaties. Un jour pour épater son entourage, il voulut mesurer, combien de noisettes il pouvait transporter dans ses joues ! on le retrouva une joue complètement gonflée, prête à éclater, sous les rires moqueurs de ses proches. Une autre fois il dit : « regarde Maman, je peux courir plus vite que mon ombre «                                                                       

Sa sœur Grignotine, possédait un talent...incroyable ! Elle arrivait toujours à se sortir de ses bêtises, avec un grand sourire charmeur, innocent. Une fois elle avait peint toute l’écorce du chêne ou était leur nid, en rose ! Avec des baies de framboises des bois et autres baies, même son pelage en était tout taché ! Avant que les parents la grondent, penchant la tête de côté, timidement. « Mais c’est pour faire joli ! » Papa et maman ne l’ont pas grondée !  

La famille organisa un pique-nique, Madame Guignette fit un gâteau au noisettes Monsieur Grignote fit une boisson aux myrtilles, qu’il dût aller chercher dans un jardin abandonné. Et là, quelle frousse il eut !

En passant par dessous le grillage, il ne put passer ! L’espace avait rétréci ! ou bien son embonpoint était plus important ? Voulant se dégager, il écorcha son beau pelage, et son postérieur ne voulait le suivre ! Gesticulant, se tortillant, battant des pattes arrière ! Quel spectacle ! Heureusement que personne ne le voyait ! Finalement il put se dégager. Et il fit le jus de fruits !

Pendant ce temps Grignotine, s’efforçait de décorer les arbres avec des guirlandes de feuilles, qu’elle venait de dresser.

L’odeur du gâteau fit atterrir une pie, qui en sautillant s’approcha de ce met si odorant !

Grignoton tel un héros se planta devant l’intruse et l’interpella d’une voix de Ténor « Pas touche à mon gâteau ! »

La pie surprise par ce son tonitruant, battit des ailes, la queue frôlant ce met alléchant, et s’envola, se cognant aux branches de l’arbre.

Puis finalement le pique-nique fut un grand succès pour toute la petite famille qui s’en léchait les babines ! Il y eût même un voisin qui se trouvait là, par hasard ! et participa à la fête, Il leur dit « je suis là pour surveiller, pour la sécurité »

Josy

Le dernier conte que j’ai écrit à l’attention des petits mais aussi des plus grands…

              Il était une fois, dans un joli petit village proche de chez nous, une grande et vielle propriété depuis longtemps laissée à l’abandon. A l’intérieur du petit parc, une vieille bâtisse porte sur sa façade le doux nom de « villa mon bonheur ». Celle-ci, passablement délabrée fait penser à un château hanté. Le lierre a envahi les façades, des volets se sont décrochés au fil du temps, des herbes folles ont pris possession du perron. Chaque orage, chaque coup de vent et ce sont quelques tuiles qui s’échappent du toit et s’écrasent avec fracas à terre dans le jardin. Un antique portail en fer forgé muni d’une chaîne et d’un cadenas rouillés, clôt la propriété et grince au vent. Seuls, au milieu de cette désolation, deux magnifiques cèdres bleus de l’Atlas s’élèvent en majesté dans ce jardin. Leur taille avoisine les vingt-cinq mètres. L’un d’eux abrite une famille d’écureuils roux. Ils ont élu domicile à sa cîme à l’abri des chats, sur des branches si élevées qu’elles ne supporteraient pas le poids des félins. Il y a donc deux étés, Grignote et Grignette, en couple pour la vie, ont décidé d’investir ce cèdre. Il abritera leurs amours à l’abri des intempéries et des prédateurs. Ils ont beaucoup travaillé et ainsi bâti un confortable T4 avec une vue magnfique sur le village. C’est ainsi qu’au printemps suivant, Grignette mit au monde deux bébés écureuil, une fille Grignotine et son frère Grignoton. Après un bel été passé à élever et éduquer leurs enfants à la vie, leur apprendre à se méfier des dangers qui les guettent, leur apprendre le respect des ainés et de leurs petits camarades écureuils…les parents étaient très fiers de leur progéniture. Tous pouvaient profiter de la vie en famille dans leur « home sweet home. »

 Un soir, Grignote réunit sa petite famille. Il prit son air le plus sérieux et alerta sa femme et ses enfants.

- « En ce matin de fin octobre, j’ai été inquiété en entendant passer au-dessus de nos têtes un vol de cigognes en partance pour leur refuge d’hiver aux sources du Nil. D’ici quelques semaines, l’hiver sera là. Il est donc urgent que nous reconstituions notre stock de noisettes pour passer l’hiver. »

 Sa femme Grignette acquiesça :

- « Oh oui ! Il est urgent de s’en préoccuper. Nos réserves de glands et de noisettes sont au plus bas ! Sinon nous allons bientôt pleurer misère comme la cigale de Monsieur Jean de La Fontaine. Dès demain, Papa ira chercher des noisettes dans le petit bois derrière l’Eglise du village et vous les enfants, je compte sur vous pour ramasser des glands au pied du grand chêne dans le jardin. Quant à moi, je rangerai votre récolte au fûr et à mesure de vos livraisons dans le garde-manger du cellier à l’abri de l’humidité et des pique-assiettes qui pourraient vouloir en profiter à notre place ».

 Grignote conclut la réunion :

- « Tout le monde a compris ce qu’il aura à faire ? Alors au lit ! Demain sera une dure journée de travail pour nous tous. »

C’est ainsi que dès l’aube, le lendemain matin, Grignote prit la route sa grande musette à l’épaule pour rejoindre le petit bois de noisetiers à l’autre bout du village. Les enfants faisaient déjà des allers et retours à la recherche de glands comme convenu ! Grignette quant à elle mettait de l’ordre dans le cellier !

Soudain, au loin, un grand bruit assourdissant vint troubler la quiétude de cette matinée laborieuse. Du haut de son cèdre, Grignette vit arriver un énorme camion plateau transportant une engin grue de démolition et son énorme boule. Il emprunta le chemin qui mène à la « villa mon bonheur ».  A son grand étonnement, elle entendit le convoi s’arrêter et vit un homme en bleu de travail en descendre. Il ouvrit ensuite le vieux cadenas et ôta la chaîne rouillée qui maintenait le vieux portail fermé. Dans un grincement le portail s’ouvrit avec difficulté. L’homme remonta dans son semi-remorque, fit entrer l’ensemble dans le parc abandonné devant la villa. L’homme fut bientôt rejoint par une camionnette bâchée. Des ouvriers en sortirent une immense pancarte peinte qu’ils apposèrent sur le mur d’enceinte de la propriété près du portail. Sur cette pancarte, une magnifique représentation de plusieurs petits immeubles et le texte suivant : « Le Parc des Cèdres Résidence de 3 petits immeubles T1-T2-T3 prochainement votre résidence ». Les ouvriers déchargèrent ensuite la grue et sa boule face à la bâtisse. Le sang de Grignette ne fit qu’un tour ! La famille écureuil allait elle connaitre le sort des S.D.F. Le pilote de la grue entama la démolition dans un vacarme assourdissant. Chaque coup de boule faisait trembler le sol et soulevait des nuages de poussière qui envahissait l’ensemble du jardin alentours. Grignotine et Grignoton tremblants de peur avaient rejoint leur mère aussi apeurée qu’eux. Ils étaient réfugiés tous les trois toussant, agressés par la poussière qui avait envahi leur habitation à la cime du cèdre, et le reste de leur petit stock de nourriture. La poussière avait blanchi le cèdre telle de la neige. Cette même poussière a également recouvert les glands que les enfants devaient ramasser. Il va falloir attendre une prochaine pluie pour poursuivre la récolte. Grignette essayait de rassurer ses enfants ! Qu’allaient-ils devenir ? Dans leur folie destructrice, les hommes en bleu et leurs machines monstrueuses allaient-ils épargner les cèdres ! Et Grignoton qui était loin à l’autre bout du village. Saurait-il les retrouver ?  Allait il reconnaître son chemin une fois la maison rasée et les cèdres débités en planches ? A la nuit tombante, une noria de camions avait évacué l’ensemble des gravats et débris et fait place nette. Le sol avait été nivelé. La « villa mon bonheur » n’est plus qu’un souvenir. La roue tourne. Les promoteurs sont à l’œuvre. Comme dans la si belle chanson de Jacques Dutronc « le p’tit jardin…….. De grâce Monsieur le promoteur ne coupez pas mes fleurs !»

              Le soir venu, le jardin a retrouvé son calme. Après le vacarme assourdissant de la journée, un silence de mort plane autour de de Grignette et ses enfants. Tous trois épuisés vont se coucher.

- « Au retour de Papa nous ferons le point. Il saura que faire ! Il nous a déjà sortis de bien des mauvaises passes. Dormez bien et surtout ne vous faites pas de soucis. A demain ! » Sur ces derniers mots rassurants, elle se retire sur la pointe des pattes et s’en va préparer une tisane apaisante de mélisse. Elle espère se remettre du stress de la journée qui va peut-être chambouler leur vie si bien organisée et leur bonheur petit bourgeois de sciurus vulgaris. Elle est si fatiguée qu’elle n’entend même pas le téléphone portable qui sonne sur la table de nuit. Elle dort d’une traite jusqu’au lendemain matin. Arrivé à ce stade de l’histoire j’entends les gloussements de Maxence, dit « Monsieur je sais tout » et la phrase péremptoire qui coupe mon récit. « N’importe quoi Papy, les écureuils n’ont pas de portable ! » et s’adressant à ses frères et ses cousins « Alors, vous croyez toutes ces fariboles ! ». C’est alors qu’il convient d’expliquer qu’un conte nous emmène, lecteur ou auditeur, rêver. C’est une histoire qui s’affranchit souvent de la réalité. « Après cette petite mise au point reprenons le cours de notre récit, laissons-nous porter par notre imagination. »

       Le lendemain matin, Grignette est réveillée en sursaut par le bruit infernal des tronçonneuses qui s’attaquent à la cime du cèdre voisin. Trois hommes encordés sont au sommet de l’arbre et le débitent en tronçons après l’avoir dépouillé de ses branches. L’ensemble vient s’échouer au sol dans un fracas assourdissant. Les enfants terrorisés hurlent en pleurs. Grignette saute sur son téléphone pour alerter le père de famille. Grignote est sur le chemin du retour, la besace chargée de magnifiques noisettes qui vont faire le régal des enfants tout l’hiver. Il ne se doute de rien. Son téléphone sonne. Il décroche. Il est surpris d’entendre la voix affolée de Grignette et les pleurs des enfants. Grignette hurle dans le téléphone. « Vite ! rentre vite ! Les humains sont en train de nous chasser. Ils ont déjà détruit la villa et s’attaquent maintenant aux grands cèdres du parc. La prochaine construction des immeubles est annoncée. La vie va devenir impossible du fait du bruit de la poussière et des risques d’accidents au milieu des bulldozer, et des camions. Viens nous aider à déménager nos affaires avant qu’ils entament l’abattage de notre cèdre ». Grignote se voulût rassurant « Je suis sur le chemin du retour et j’ai une excellente nouvelle pour vous tous. J’ai essayé de vous joindre hier soir, mais tu n'as pas décroché. Je n’ai pas voulu insister de peur de réveiller les enfants.  Mettez-vous à l’abri dans l’appentis au fond du parc et attendez-moi. »

            Grignette raccrocha rassurée par les paroles apaisantes de son mari. « Décidément Grignote est bien le meilleur des pères et des maris. Que feraient-ils sans lui ? ». Perdue dans ses réflexions elle le vit arriver sur le chemin. Il paraissait un peu désorienté en découvrant le parc ravagé par les bulldozers et les tronçonneuses. Les bucherons allaient revenir terminer leur travail. Le temps des retrouvailles fût bref. « Pas de temps à perdre. Je ne savais pas en vous quittant il y a deux jours que nous serions contraints de déménager si vite, si précipitamment. Mais en chemin, j’ai découvert dans le petit bois des chênes, des noisetiers et de châtaigniers avec une clairière et dans la clairière un buisson de framboises et de mûres. Je comptais vous proposer au printemps prochain de nous y installer. N’est-ce pas une bonne idée ? » Puis se tournant vers Grignette il ajouta : « Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, je crois que Maman a une annonce pour vous » Grignette un peu surprise se racla la gorge et bafouilla : « Ah oui ! les enfants Dans quelques semaines notre famille va s’agrandir. Notre petit nid en haut du cèdre est trop petit pour accueillir une plus grande fratrie. » Heureux de toutes ces annonces, les enfants entamèrent une danse endiablée sous les yeux émus de leur parents attendris. Puis, Grignote reprit la parole. « Maintenant, les enfants, il convient d’organiser rationnellement notre futur déménagement. Plus de temps à perdre !  Triez les affaires que vous voulez conserver et celles que vous souhaitez déposer aux écureuils solidaires. Pour ma part, demain, je vais demander à vos deux oncles de m’aider à aménager notre nouveau logis et après-demain nous y transporterons nos affaires. Par chance, les ouvriers sont absents quelques jours. C’est le Pont de la Toussaint ! Cela nous laisse trois jours devant nous !»

      Sitôt dit, sitôt fait ! Tous s’activèrent de leur mieux…jusqu’au lendemain soir !

      Et c’est ainsi, que quelques mois plus tard, un beau matin de printemps, Grignoton, Grignotonne et leurs deux petits frères de six semaines déjà sont réveillés agréablement par des cris et rires d’enfants. Le soleil brille sur leur nouveau domicile. Une classe verte d’une quinzaine d’enfants a investi la clairière pour étudier la forêt et ses habitants. Dans son petit lit, Grignotte soupire d’aise « Oh que la vie est douce. J’en ai presque oublié le vieux cèdre de notre enfance. Debout, Grignoton, il faut nous lever. Allons aider Maman et Papa. Avec l’arrivée de nos petits frères, ils ont tant de travail ! Notre aide leur sera bien précieuse. »

Didier

Les écureuils 


Au milieu du grand jardin dans ce joli Village de Vignieu en Isère, trône un magnifique Chêne centenaire. C’est là que la famille Grignote a trouvé abri, il y a deux ans, avec leurs deux « Écureuillons ».

Grignote le papa, Grignette la maman, Grignoton le fils, Grignotone la fille.

Non loin de là, dans le fond de ce même jardin une autre famille d'écureuils trouva refuge dans un vieux Noyer

Une particularité de ces écureuils, ils sont gris, le papa Grison, Maman Grisette, et leur fils ...Bob.

Arrivés il y a 1 an, originaires d'Amérique du Nord, ils sont venus clandestinement dans de vieux cargos. Rejeté par les populations, devenus invasifs, l'écureuil gris est une espèce plus envahissante

L'écureuil gris vit exactement comme l'écureuil roux. 

L’habitat naturel de l'écureuil roux est similaire à celui de l'écureuil gris. En effet, les deux espèces vivent généralement dans les arbres avec une préférence pour les conifères et les graines qu'ils contiennent. C'est en hauteur que les rongeurs installent leurs nids. Les écureuils gris contribuent au reboisement et à la dispersion des fruits des arbres feuillus qui contiennent les graines. Ils ont l’habitude d'enterrer des noix qui finissent souvent par germer et permettent le rétablissement des forêts.

Les écureuils sont amenés à établir plusieurs nids qui auront des fonctions différentes : pour dormir la nuit, pour se reposer la journée ou manger, la femelle écureuil construit un grand nid pour élever ses petits.

 Depuis leur arrivée dans ce petit village d'Isère la cohabitation entre les deux communautés d'écureuils est des plus bienveillantes !

Grignette et Grisette, s'entendent à merveille pour établir les repas, prévoir et entreposer les réserves pour l’hiver. 

Les messieurs Grison et Grignote s'occupent de la rénovation des nids, des caches qui sont généralement faites dans des cavités d'arbres ou dans des trous peu profonds qu'ils creusent dans le sol avec leurs pattes avant.

Quant aux enfants, après quelques tensions, l'équilibre est venu entre eux. Bob a eu des difficultés à s'adapter, Il quittait son Québec natal, sa communauté, ses amis.


Mais Grignoton, très calme et posé le mit en confiance, et devinrent des amis inséparables. Quant à Grignotone charmeuse et espiègle à la fois, très volubile, elle ne tenait pas en place, curieuse de tout, sa maman avait du mal à la gérer.

Elle savait user de son charme, Bob s'y laissait prendre souvent.

Grignette se souciait surtout des prédateurs, il y en avait parfois certains qui tournaient autour du Noyer et du Chêne, les Corneilles, et des Martres des pins, prédateurs carnivores qui se nourrissent de lapins, de lièvres, et surtout d'écureuils, notamment les gris.

Aussi Grignette était en soucis quand elle partait au châteaux Cornu avec Grisette ramasser des noix, c'étaient les meilleures de la région, le noyer du jardin ne fournissait pas des bonnes noix.  Les mamans enfilaient leurs petits filets, que Grignote leur avait confectionnés pour enfiler les noix.

Elles longeaient le fond des fossés pour ne pas se faire prendre, le tapis de feuilles leur servait de camouflage. Elles partaient en fin d'après-midi et rentraient au coucher du soleil.

Ce fût un jour en rentrant de leur cueillette, qu'elles trouvèrent Bob et Grignoton en panique !

- « Grignotone a disparu, Grignotone a disparu ! » Ils montaient et descendaient le chêne de haut en bas

-  « Arrêtez de gigoter comme cela, et venez nous expliquer exactement ce qui s'est  passé » supplia Grignette!

- « Ben, » commença Grignoton, « dans l'après-midi Dagobert le chat des propriétaires, est venu rôder, par ici, comme à son habitude … et évidemment nous sommes vite grimpés au plus haut du chêne… mais Grignotonne elle est restée à lui tenir tête…  nous ne faisions que l'appeler, mais elle ne nous écoutait pas! »

Ils étaient debout tous les deux face à face.

- « Nous étions descendus au creux de l'arbre, prêts à descendre quand Grignotonne, dressée droit devant Dagobert émit des cris aigus et des aboiements.  Dagobert surpris par son agressivité, prit la poudre d'escampette, et … à notre grande surprise, Grignotonne courût après lui, en direction de la maison, nous derrière l'appelant à grands cris… puis la porte de la maison entr'ouverte. Dagobert s’y réfugia...et Griogntonne le suivit ! » 

- « Pétrifiés nous nous arrêtâmes. Nous n'allions pas rentrer dans ce piège !

 - « Grand dieu ! Grand dieu ! mais dans quel pétrin s'est-elle mise encore ! Et vos pères ? » interrogea Grisette.

- « Ben, comme prévu, en haut dans la forêt à ramasser des grosses brindilles pour consolider nos lits, et ils allaient voir s’ils trouvaient des baies » continua Bob.

- « Bon il va falloir prendre une décision, pour sortir Grignotone de cette maison, la nuit va tomber, je vois les lumières qui s'allument, je vais profiter de la nuit pour aller voir à travers les fenêtres ce qui se passe » proposa Grignette, « en attendant, allez ranger nos provisions, et à l'arrivée de vos pères, mettez-les au courant ! »

- « Maman » supplia Grignoton, « fais attention à toi, et méfies­­­-toi de Dagobert, il est souvent agressif, il rôde souvent la nuit à la recherche de souris. ».

- « Oui, oui, ne vous inquiétez pas, de toute manière nous n'avons pas le choix, nous ne pouvons laisser Grignotone sans secours. Allez, je vais en longeant les roseaux qui bordent la maison, jusqu’aux fenêtres. » 

Grignette, ne montrerait son angoisse, son petit cœur battait la chamade ! elle retenait ses larmes.

Allait-elle retrouver sa fille ? Que se passa-t-il après avoir franchi la porte ?

 Pour autant les propriétaires qu'elle avait croisé de temps en temps avaient l'air très gentils. Ils avaient un petit garçon et une petite fille d'une dizaine d'années, et quand ils nous voyaient dans le jardin les enfants couraient après nous, mais en manifestant des cris de joie. Jamais ils n'ont été au-delà !...Il n’y avait que Dagobert qui manifestait de l'agressivité envers nous. Normal, son instinct chasseur parlait. Grignotone le savait, combien de fois le lui ai-je répété !

Grignette était arrivée devant la fenêtre de la maison. Par chance les persiennes étaient encore ouvertes, et faciles d'accès pour elle, en espérant voir quelque chose de positif.

Arrivée à la hauteur et se cachant bien contre le coin de la fenêtre, elle vit la famille réunie. C'était sans doute le salon, les parents assis sur la banquette, regardant la télé, les deux enfants accroupis par terre, sur un grand tapis.

Elle les voyait de dos, ils étaient certainement en train de jouer à un jeu éducatif, son regard fit le tour de la pièce. Pas de Grignotone, mais elle ne voyait pas bien toute la pièce, elle n'osait bouger de peur de se faire voir. La tristesse, et l'angoisse commençaient à la gagner, devant l'échec de ne pas trouver sa fille, quand brusquement le garçon qui était accroupi se leva, et Grignette poussa un petit cri ! Sur le tapis une cage, et Grignotone dedans ! elle paraissait paisible, et une coupelle de noisettes posée devant elle. 

Cela avait rassuré Grignette, mais restait comment sortir Grignotone de là ! Pressée de rentrer, et raconter à la petite communauté ce qu'elle avait découvert, et leur annoncer la bonne nouvelle, Grignotone était bien vivante.

En haut du chêne, Grison et Grignote étaient rentrés de la forêt et apprenant la mauvaise nouvelle, tous attendaient avec impatience le retour de Grignette.  Enfin Grignette arriva et raconta dans les moindres détails ce qu'elle avait découvert et qu’il fallait au plus vite étudier un plan pour la sortir de cette maison...Et Grignette de rajouter, presque en pleurs :

- « Je pense qu'ils veulent garder ma Grignotone comme animal de compagnie, les enfants avaient l'air ravis de l'avoir en Cage... »

- « Oui il faut agir au plus tôt, » poursuivit Grison,

- « Et dès ce soir...avant minuit, les voisins seront couchés, les chambres sont en haut, et je suppose que ma Grignotone est restée en bas dans sa cage. Enfin, je l'espère, et Dagobert en haut certainement dans la chambre d'un enfant, ils ne l'auraient pas laissé avec le chat sachant leur anémosité. »

- « Oui, bien réfléchi tout cela, mais comment rentre-t-on dans la maison ?» demanda Grison.

- « Ben oui ! d'autant plus que les volets seront fermés, et la porte aussi. Mais j'y pense » poursuivit Grignette. « Il y a au rez-de-chaussée une trappe pour chat ! évidemment les voisins l'ont installée pour Dagobert ! »

Il y eut des petits cris de joie, l'espoir revenait 

- « Bon !  allez ! ma Grignette ! on va récupérer notre incontrôlable fille. Il faudra la jouer fine, faire attention aux prédateurs ! »

Aussitôt dit, aussitôt fait..Grignote et Grignette prirent  le fossé recouvert  de feuilles, qui longeait la maison, laissant leurs amis et leur fils dans l'angoisse. Tout se passa bien, jusqu'à la trappe !  Tout était silencieux !

Grignote demanda alors à Grignette, « qu’il était préférable qu'elle rentre, elle, elle avait une vision des lieux, et vu la grandeur de la trappe, elle passerait plus facilement. »

Un quart d'heure se passa ! Quand Grignote vit apparaître le petit museau de sa fille suivi de celui de Grignette, pas le temps des embrassades, ni explications.

Il fallait se presser, jusqu'à présent ils avaient eu de la chance, aucun prédateur. Il fallait se dépêcher, la distance pour atteindre le chêne n'était pas longue, il était déjà minuit et les amis devaient être impatients d'avoir des nouvelles. 

Pas un mot ni cri ne furent prononcés jusqu'à atteindre le chêne.

 Dans l'habitat fraîchement rénové, tout le monde attendait l'arrivée du couple, quelques secondes de surprise et apercevant Grignotone ce fut une explosion de cris de joie, et des embrassades.

L’émotion passée, à la demande de son père, Grignotone demanda « pardon », tout en s'excusant de l'angoisse qu'elle leur avait infligé et promettant de ne plus recommencer...

Et puis de rajouter

- « voilà je vais vous expliquer ce qui est arrivé. Oui ce n'est pas bien d’avoir provoqué Dagobert, et puis de courir après lui...je me suis trouvée piégée dans la maison des propriétaires. A ce moment-là, la maman rentrait dans le salon et nous a séparés, elle a grondé Dagobert, et m'a pris dans ses bras, moi je me débattais, me débattais...puis j'ai compris que la dame voulait me calmer, m'apaiser. Elle me posa sur le fauteuil et s'assit près de moi, en me caressant, je me calmais, ma peur s'atténuait, à ce moment-là, le Papa arriva et me voyant, dit à sa femme, « mais c'est un des petits écureuils qui logent dans notre grand chêne. Il doit être apeuré. Demain je le déposerai au pied du chêne qu'il aille rejoindre, sa famille. Au fait il faut lui donner à manger et à boire à ce petit bonhomme ... »

- « Petit bonhomme, je souris intérieurement, mais rassurée. Ces personnes ne me voulaient pas du mal, demain j'allais vous retrouver, et puis vous êtes venus en prenant tous des risques ! »

- « Oui et nous avons eu de la chance de ne rencontrer ni Corneilles, ni Martres. » rajouta Grignote 

- « Bon il est presque minuit...il se fait tard ! Demain nous ferons un petit festin, nous n'avons même pas goûté aux cueillettes d'aujourd'hui. »

- « Personne n’a très faim. » dit Bob.

- « Bon reprit Grignote, je vous recommande d'être vigilants à l'avenir et d'écouter nos recommandations, n'est-ce pas Grignotone ? nous nous en sortons bien aujourd’hui, je pense que nos voisins, voyant la cage vide, et constatant l'énergie de notre Grignotone, ne seront pas trop surpris de sa détermination à ouvrir la cage... »

- « Bon les enfants, au lit nous avons pas mal de corvées à entreprendre, vous avez constaté que l'hiver approche, et il nous reste pas mal de provisions à aller chercher, et à ranger ! »

Les Grisons prirent congé.

La nuit fut paisible, dans l'habitat du Chêne et du Noyer. Il y avait toujours des parents écureuils qui ne dormaient que d'un œil...soucieux qu'un intrus ne perturbe l'équilibre de la famille. 

Le lendemain matin, après le festin du petit déjeuner, Grignote donna les recommandations aux enfants : « ne pas s'éloigner des logis, ils avaient dans l'habitat des jeux éducatifs, fait avec les coques des fruits secs et autres, des illustrations ! du sport accrobranche etc...  le droit de descendre, au pied du chêne et ne pas s’en  s'éloigner, les promenades  étaient réservées toujours quand il y avait les parents! »

Les deux couples partirent à la recherche de nourriture. En leur précisant : Il est 11heures, nous serons de retour, si tout va bien, avant 17 heures, le soleil commence à se coucher tôt. 

Toute la matinée les "Enfants -Ados' jouèrent comme des petits fous, puis vers 14 heures après une petite sieste, Grignotone, décida de descendre, un petit soleil automnal à travers le feuillage, la décida, avec la recommandation de ses frères de rester bien sage autour du chêne. 

- « Promis », lança Grignotone en sautillant de branche en branche. 

Arrivée en bas le soleil automnal, donnait un goût de printemps. Elle avait amené un petit goûter, composé de baies et de noisettes. Elle adorait ces petits goûters à même le sol, dommage que ses frères ne soient pas descendus, cela aurait été plus rigolo !

Quinze heures sonnant, Bob et Grignoton, ne voyant pas leur sœur monter, descendirent, un peu inquiets et arrivés sur le bord du chêne, qu'elle ne fut pas leur surprise de voir leur sœur, le dos appuyé sur le chêne, une jolie fleur de pissenlit aux dents, faisant du charme, je vous le donne en mille, à Dagobert !

On aurait dit « La Belle et le Clochard ! » 

Dagobert avait dû être impressionné par le charisme et bien sûr, de la beauté évidente de Grignotone ! 

Les deux frères remontèrent, sans bruit, ils ne voulurent pas interrompre ce moment romantique et magique, regrettant, qu’il était dommage que les écureuils n'aient pas le pouvoir d’immortaliser un tel tableau ! 

Peut-être un jour....

Avec les progrès scientifiques y aura-t-il un écureuil célèbre, qui portera le nom de Robert Doisneau ?
 

 Quelques années passèrent, puis une légende circula dans ce petit village de l'Isère, tout près du château Cornu, où les habitants pendant des siècles, à la tombée de la nuit, virent se balader dans la région, un petit Écureuil Roux une fleur de Pissenlit à la boutonnière, accompagné de son fidèle compagnon du nom de « Dagobert »

Marie

Jusqu'à ces derniers jours, c'était l'automne.

 Derrière le cimetière, dans le parc les arbres avaient pris leurs couleurs de saison. Les verts devenaient plus rares laissant place aux mordorés, aux cuivres, aux jaunes éclatants se teintant parfois de pourpre.

Sur la terrasse, près de la maison.je trouvais régulièrement des coquilles de noix provenant certainement du parc et que la famille d'écureuils qui loge dans le grand chêne de la rue vient manger au soleil squattant mon jardin. Mais, depuis quelques jours, le froid a fait son apparition. Le matin le thermomètre descend en dessous de zéro. Je ne trouve plus de noix ouvertes et dégustées. Aussi, ce matin suis-je allée voir de plus près ce que devenait ma petite famille écureuil.

J'ai aperçu Mme Grignotte serrant ses petits dans son nid sur une fourche du chêne. Où est donc Mr Grignotte ? En allant au parc voisin je l'ai entrevu sautant de branches en branches dans le noyer. Les joues gonflées, il se dirigeait vers un trou dans l'arbre pour déposer son butin fait de noix. Espérons que grâce à son odorat très développé il retrouvera en temps utile ses provisions ! Sinon il fera comme parfois il volera celles d'un autre écureuil !

Je sais que c'est une espèce protégée et qu'il est interdit de les nourrir ou de les domestiquer. Si je lui donnais des restes alimentaires ou des graines je pourrais lui provoquer des troubles digestifs et perturber son rythme alimentaire.

Mr Grignotte fait plusieurs allers-retours du noyer à un trou qu'il a creusé dans la terre mouillée. J'espère qu'il saura retrouver ce qu'il a caché et que ce ne sera pas comme dans mon jardin un nouvel arbre qui apparaitra !

Il repart vers le grand chêne. Assez travaillé pour aujourd'hui ! Demain il se fera peut-être aider par ses enfants. Il faut bien qu'ils apprennent à se débrouiller ! II n'y a pas de raison qu'il soit le seul à subvenir aux besoins de toute la famille. Grignotton et Grignottone sont assez grands pour accomplir leur part de recherche de nourriture. Ce n'est pas ce qui manque en dehors des noix. Les petits champignons, les graines, les pommes de pin, les glands et bien d'autres choses.

Mme Grignotte quant à elle en sera dispensée. Elle doit rester en forme pour donner naissance à la nouvelle portée dès les premiers beaux jours.

 Espérons que l'hiver ne sera pas trop rude ni trop long pour ces petits animaux si gracieux !

Christiane

C’est le branle-bas dans l’immeuble du Grand Pin.

L’hiver approche, le père Grignote et la mère Grignette se préparent pour aller à la foire des Grands Chênes. Il y a des promotions car cette année il y a beaucoup de glands.

- « Les enfants sont prêts ? »

Dans un soupir Grignette répond :

- « Tu sais bien qu’ils sont grands et ne veulent plus venir avec nous faire les courses. Grignoton est avec son copain l’américain et Grignotone est amoureuse et se languie de son amoureux. »

- « Bon j’ai compris, les oiseaux quittent le nid, mais qu’ils ne comptent pas sur nos réserves. C’est à leur tour d’en faire ! »

- « Oui, oui, enfin on verra ! »

- « C’est tout vu ! »

Grignotine surveille ses parents et dès qu’ils sont partis bondit dans sa chambre pour se pomponner. Du noir sur les yeux, du rouge sur les lèvres et une touche de parfum. Son beau Jeannot Le Roux adore quand elle sent bon. Un petit coup d’œil à la glace et en route pour le village, où son amoureux travaille à la fête foraine. C’est lui qui tient les cages à écureuil. Elle aime le voir quand il fait une démonstration. Il est fort et s’élève sans peines dans les airs. Les badauds applaudissent, elle est aux anges.

Son frère est déjà parti, très tôt ce matin. Depuis qu’il a comme nouveau copain cet américain, il déserte la maison. C’est pour cela que son père se fâche si souvent. En effet Grignoton est fasciné par son nouvel ami. Un écureuil gris d’Amérique beaucoup plus grand que lui avec un drôle d’accent et qui mange n’importe quoi. Pas plus tard qu’hier il lui a fait gouter des pistaches et s’est moqué de lui car il ne connaissait pas.

« Quand j’ai pris mon visa pour la France, Donald m’a prévenu : Tu verras les frenchies ne mangent que des noisettes et râlent tout le temps. » 

Grignoton est vexé, mais Bill s’esclaffe et lui tape dans le dos :

- « Allez boy viens, je vais faire mes courses sur internet, le froid arrive et je n’ai plus grand-chose à manger. »

Grignoton pense qu’internet est un nouvel arbre mais trop fier pour poser la question, il suit son ami. Ils s’arrêtent dans un cybercafé et Bill très à l’aise pianote :  

 - « Un kilo d’amandes, un d’arachides, un autre de fruits secs. Il y a beaucoup de promos sur Amazon, tu devrais faire pareil. »  

Grignoton réfléchit, Amazon ça doit être un ami, puis il se lance. C’est beaucoup moins fatigant que de sauter d’un arbre à l’autre et puis son père va être surpris qu’il ramène des courses.

Le lendemain Père Grignote et Mère Grignette rentrent fourbus et fatigués. Ils ont beaucoup marché. Ils trainent leurs gros sacs et s’affalent sur les chaises.

- « Je ne sens plus mes pattes »

- « Moi non plus »

Surpris ils regardent Grignotone qui sautille autour de la table oû elle a étalé ses provisions pour l’hiver. Elle est très satisfaite, toute joyeuse elle s’exclame « C’est mon Jeannot Le Roux qui a gagné tout ça au stand de tir et comme c’est le black friday on a eu le double pour le même prix. »

Le père tire un peu le nez « Black Friday c’est qui ? » mais s’arrête car la sonnette carillonne à tout va.

Grignonton entre, fier comme un paon, suivi d’un livreur chargé de paquets : 

- « J’ai passé une commande sur Amazon à un prix défiant toute concurrence. Voici pour l’hiver une grosse réserve de nouvelles graines. Cela nous changera de nos habitudes. »

Père Grignote et Mère Grignette sont un peu perdus :

- « Black, Friday, Amazon c’est des nouveaux voisins ? »

Après les explications et un fou rire général, la famille se réjouit et décide de faire un superbe réveillon avec Jeannot Le Roux, Bill et les amis.

Nicole T

Le jour ne va pas tarder à se lever.

Quelques oiseaux tournent autour de la mangeoire installée dans le jardin.

Soudain, j’entends des bruissements, des craquements. C’est la famille « écureuils » qui se réveille.

Grignette la maman chuchote et incite ses enfants à se lever. Grignote la fille pleurniche, elle ne veut pas aller à l’école. Le fils, Grignoton a déjà son téléphone entre les pattes et se fait gronder. Le père Grignote se prépare pour aller faire des provisions de noisettes.

« Sois prudent » lui dit sa femme « Méfies toi d’Horace, le gros matou des voisins. Souviens-toi, l’an dernier, il a agressé Grand-Père et lui a cherché des noises. »

« Des noisettes, chic alors » dit Grignoton. « Mais non, les noises, c’est quand on cherche la bagarre et ce n’est pas bien » lui dit sa maman.

Grignote part. Il faut qu’il se souvienne des endroits où il a caché ses noisettes.

Il saute de branche en branche et soudain il aperçoit un tas de feuilles mortes. Il a retrouvé son trésor.
Grignette est soulagée de le voir arriver sain et sauf, avec sa récolte. Il a rapporté quelques glands pour le dessert. Les enfants sont contents.

Nous leur souhaitons un hiver paisible et douillet.

Michèle

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