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Stylo à plume

Pierre a proposé:

Vous venez d’être témoin d’un accident de la route, en ville ou à la campagne. L’inspecteur de police chargé de l’enquête vous demande de lui faire un rapport précis sur ce que vous avez vu.

RAPPORT POUR MON INSPECTEUR Ou Sur les méfaits de la Hâte et de la Tôle froissée

Objet : à l'aimable attention de Monsieur l'Inspecteur, le seul homme qui, paraît-il, parvient à mettre de l'ordre dans ce joyeux désordre de la circulation à moteur, ou la petite comédie humaine à quatre roues, observée sans parti pris.

Je me trouvais, l'autre après-midi, à cet endroit précis où la rue rencontre le boulevard, un lieu que l'on pourrait nommer le "Théâtre des illusions perdues ", car c'est là que les conducteurs perdent l'illusion qu'ils sont seuls au monde. J'attendais, sans impatience aucune, que la vie reprenne son cours normal, ce qui, à Paris, est déjà une gageure.

Le soleil déclinait. L'air était doux. Tout concourait à la méditation. Sauf, bien sûr, l'arrivée de nos deux héros du jour.

Le premier, à bord d'une voiturette rouge vif, une de ces petites choses nerveuses qui pétaradent plus qu'elles ne roulent, semblait posséder une horloge interne réglée sur un fuseau horaire plus rapide que le nôtre. Monsieur "J'ai rendez-vous-avec l'éternité dans cinq minutes" était son nom d'emprunt.

Le second, une brave femme dans un monospace gris, couleur " fonctionnaire en vacances", semblait s'être endormi au volant il y a bien longtemps, naviguant à l'estime, probablement à la recherche d'une boulangerie ouverte.

Le carrefour, lieu de tous les possibles, a fait son oeuvre.

La voiturette rouge, saisie d'une impulsion subite, a décidé que le feu rouge n'était qu'une suggestion poétique, ladite impulsion ne faisant pas partie de son environnement mental. Bref un simple avis consultatif sans grande importance comme les chers très chers cahiers de doléances de notre inestimable Président fidèle à son mantra "qui nous coute la peau des fesses", autre petite précision qui n'a forcément peu de place dans ce rapport mais qui soulage nos fesses car ce sont surtout elles : qui sont concernées.

Le Monospace, toujours gris après ces quelques lignes. Le monospace donc, lui n'avait pas d'états d'âme. Il avait un feu vert ce qui dans son univers simplet signifiait " Avancez mon brave allons au-devant de la belle verte"

Ce qui devait arriver, après quelques hésitations bien légitimes pour les finances des assurances, arriva.

Les deux trajectoires, aussi opposées que notre inestimable ancien Premier Ministre et Bettarham se sont rencontrées (variante un radical socialiste et un homme d'esprit.)

Le choc, et, je le répète au risque d'alourdir la barque de béton qu'est mon rapport, cher inspecteur, fut d'une simplicité biblique. Un "poc" sec sans éclat. On aurait dit deux billes de bois qui se touchent.

Puis le silence, le grand silence qui suit les bêtises.

Les portes se sont ouvertes, avec cette lenteur dramatique propre aux événements insignifiants qui se prennent au sérieux.

Le conducteur de la voiturette rouge est sorti, la mine déconfite, l'air de dire : " Nom d'un chien, le monde n'est donc pas fait pour moi seul ". Il a contemplé sa carrosserie enfoncée avec la tristesse d'un collectionneur de nains de jardins qui aurait cassé son plus bel exemplaire.

La conductrice du monospace a émergé, l'air de celle qui en a vu d'autres, l'expression lasse, les bras croisés, comme si elle venait de surprendre son fils en train de fumer en cachette derrière le cabanon.

Ils se sont regardés, comme deux amants de circonstances qui se retrouvent dans le même lit sans y avoir été conviés.

Le plus drôle, Monsieur l'Inspecteur, fut l'arrivée des badauds, entité indéfinissable et criarde. Des gens, qui, une seconde avant marchaient le nez au vent, indifférents à tout, se transforment en avatars de M HYDE, experts automobiles et philosophes de la circulation. Chacun saupoudrant la scène de commentaires insipides. Les florilèges foireux fusaient : "j'l'avais bien dit" ou " c'est toujours pareil".

J'ai souri doucement. La nature du badaud est ainsi faite. Un rien l'effraie, un accident de rien du tout le plonge dans une euphorie ineffable avant de replonger dans sa torpeur pédestre.

Je vous livre ces observations non pour vous éclairer, vous qui déjà savez tout, mais pour que la paperasse administrative grande faucheuse de la spontanéité ne puisse être en mesure de faire son oeuvre et ainsi vous permettre de classer cette affaire avant l'heure du déjeuner

Si tel était le cas j'en serai ravi

Voilà Monsieur l'Inspecteur, j'étais là, j'ai tout vu, je vous le dis. Si vous voulez mon avis, ils n'avaient qu'à rester chez eux.

A votre entière disponibilité pour tout renseignement complémentaire qui ne vous serait d'aucune utilité

Bien mes sentiments auprès de vos enfants et votre épouse

Puisqu'il faut se quitter, je vous prie de croire en mes sentiments éternellement respectueux et foncièrement patriotiques de la première à la dernière heure qui, je le souhaite pour vous vos proches et moi-même aura la suprême élégance d'arriver en grand retard.

Gérard

C’était dans les années 60, un soir d’hiver, j’étais avec une amie, à Lyon. Nous attendions le bus pour rentrer chez nous, après une séance de cinéma. Il faisait très froid, l’arrêt se trouvait à un carrefour peu éclairé et en plein courant d’air. Les piétons se faisaient rares, la circulation était fluide.

Alors que le bus allait tourner pour se diriger vers nous, une voiture le double, pour filer tout droit, à vive allure.

Quand tout d’un coup, un énorme bruit attire notre attention ! Il s’agit de la voiture qui percute une autre voiture venant en face. Ce fut un spectacle bizarre, les 2 véhicules en se tamponnant semblaient vouloir se propulser en l’air, au milieu d’une myriade d’étincelles.

Le bus arriva à notre hauteur, cachant la suite de l’accident, laissant juste entendre un grand bruit de ferraille. Des voitures s’arrêtaient, des gens sortis de je ne sais où, couraient et nous comme si rien ne s’était passé, nous nous sommes installées pour démarrer aussitôt.

Quelle a été la finalité de cet accident ? J’ai beau chercher dans ma mémoire, rien ne me revient !

Nicole B.

Un accident, c’est souvent un manque d’attention : Parfois un simple regard au passager sur le siège d’à côté, parfois un coup d’œil oublié sur le rétroviseur ou une pensée un peu trop envahissante.

Je me promenais dans un petit village charmant, sans grands axes routiers, sans les « vroum vroum » et les freinages inopinés des voitures pressées.

Un petit village paisible à la campagne.

Je marchais sur un chemin bordé de haies et de buissons. Le seul bruit perceptible était le gazouillis des oiseaux. Poursuivant ma promenade, j’ai levé les yeux vers le haut d’une futaie pour observer la course des nuages quand soudain un crissement fort de pneus me fit détourner mon regard. Qu’est ce qui se passe ?!! Derrière moi une voiture rouge décapotable roulant à vive allure finissait sa course dans la haie, un peu plus loin, un vélo zigzaguait et se couchait sur le côté.

« Non mais vous regardiez quoi ?!» s’écria le conducteur de la voiture « le ciel ? Les nuages ? Regardez ma belle voiture toute neuve !! »

 

Le cycliste répond « J’ai bien freiné mais vous m’avez coupé la route et il a bien fallu que je me décale sur le côté ou vous m’auriez percuté ! Mais quelle idée de rouler aussi vite et avec un engin pareil a la campagne ?! »

« Comment vais-je faire maintenant ? J’ai un rendez-vous très important à Charwais, à 10kms d’ici et je suis déjà en retard. Votre vélo n’a pas l’air d’être endommagé, nous n’avons qu’à en rester là et poursuivre nos chemins respectifs. »

« Comment ? Comment pas endommagé ?!! et mon frein ? Et mon guidon tordu ?!! Ah non, vous ne partirez pas comme ça. Je veux au moins faire un constat à l’amiable. C’est vous le fautif ! Et moi comment je vais me rendre à mon travail ? Il faut bien que je gagne ma croûte, vindediou! » répond le cycliste.

« Ok ! ok du calme. Nous sommes entre gens raisonnables, concluons cette affaire rapidement, je n’ai pas de temps à perdre. Peut-être que Madame ici présente pourrait être témoin de l’accident ? Cela ne vous dérangerait pas, s’il vous plaît ? » dit-il en me regardant car, jusqu’à présent, ni l’un ni l’autre n’avait remarqué ma présence.

Pendant que les deux protagonistes consignent sur leurs déclarations les dégâts respectifs, je constate que la voiture n’a pas trop de dégâts alors que le vélo est endommagé. Me voilà témoin, moi qui voulais juste une petite balade paisible !

Le conducteur de la voiture conciliant et admettant son tort, chargea le vélo cabossé à l’arrière de son véhicule, proposa au cycliste Monsieur Passant de le déposer à son domicile.

Comme quoi, lorsqu’on conduit une voiture, même sur une petite route de campagne, la vigilance et la prudence doivent rester omniprésentes.

Josy

Ce matin, un appel téléphonique a brisé le calme de ma routine quotidienne.

Un inspecteur de police, d’une voix professionnelle, mais empreinte d’urgence, me convoquait à une audition libre au commissariat de Bron.

Mon cœur s’est mis à battre plus vite. Pourquoi moi ? Son intention était-elle de me questionner en tant que témoin d’un événement, ou peut-être même comme suspect dans une affaire qui ne me concernait pas ?

L’absence de précisions sur le motif de cette convocation ne faisait qu’accroître mon anxiété.

À peine arrivée dans les locaux du commissariat, je ressentais le poids de l’ambiance pesante.

Les premières salutations échangées avec l’enquêteur ressemblèrent davantage à une mise en confiance qu’à un simple dialogue poli.

Je pris le temps d’observer son expression, espérant y deviner de la compréhension plutôt que du jugement.

Je suis l’officier Pierre Lemoine et j’’établis mon rapport ce jour 18 novembre 2025 pour un accident de la circulation dans lequel vous êtes impliquée.

- Madame, savez-vous pourquoi vous êtes ici ? demanda-t-il, avec un regard perçant.

- Non, Monsieur l’agent !  Je l’ignore !  répondis-je, la voix tremblante, en dépit de mes efforts pour rester calme.

Une collègue à vous m’a contactée ce matin pour me demander de me présenter ici à 15 heures. Je n’ai pas été informée de la raison. Peut-être est-ce lié au vol de mon portefeuille, pour lequel j’ai déjà porté plainte ?

Le policier hoche la tête.

-Nous allons vérifier cela. Mais dites-moi, que faisiez-vous mardi dernier entre 15 h et 17 h ?

-J’étais à un atelier d’écriture avec des amis, répondis-je, la confusion grandissant en moi.

-Très bien, nous allons le vérifier, reprit-il.

La peur commença à s’immiscer en moi.

-Pourquoi cette vérification ? De quoi m’accusez-vous ?

-Vous êtes suspectée d’être impliquée dans l’accident de la route qui s’est produit rue de la République à proximité de votre quartier, expliqua-t-il, impassible.

Je n’arrive pas à croire ce que j’entends.

-Vous plaisantez, c’est impossible ! J’étais à l’atelier d’écriture, je vous le répète !

Le policier semble inébranlable. Son regard me fixe, une rigidité palpable dans son attitude.

-Nous verrons si les faits sont avérés prononça-t-il d’une voix ferme, résonnant dans l’air lourd des reproches. Le ton était celui d’un homme qui ne se laisse pas déstabiliser par les circonstances. Il a vu bien des choses au fil des ans, et rien ne semble pouvoir ébranler sa détermination à découvrir la vérité.

- À 14h30, vous circuliez dans votre véhicule le long de la Rue de la République en direction du carrefour de Saint-Priest continue-t-il, notant chaque mot avec précision.

Simultanément, la cycliste Marie Legrand circulait dans cette même rue.

Le policier marque une pause tout en me regardant.

-L'accident s'est produit lorsque votre véhicule a franchi l'intersection alors que Mme Legrand s'engageait dans le carrefour et vous avez renversé Mme Legrand au centre de l'intersection.

Sa voix, est désormais plus douce mais tout aussi ferme. Le policier, toujours stoïque, me regarde dans les yeux.

Un échange silencieux se produisit, chargé de doute et de remords. La vérité, sous ses traits impassibles, apparaissait comme un phare dans la tempête.

Pour lui, ce n'était pas seulement une question d’accident, mais de justice et de respect envers une vie perdue.

-En ce moment même, des policiers fouillent votre véhicule pour faire les contestations d’usage. Selon leur rapport votre Renault Clio présente des dégâts à l'avant gauche, pare-chocs endommagé, phare brisé.

-Mais vous n’avez pas le droit ! protestai-je, désespérée.

- Oh que si ! rétorque-t-il calmement d’autant que la caméra de la ville a bien photographié votre véhicule Renault Clio, immatriculation ABC-123-D qui se trouvait à l’arrêt devant la cycliste qui se trouvait à terre et si vous contestez nous pouvons demander une commission rogatoire signée du juge ce qui aggravera votre cas »,

Je sentais ma frustration et ma colère monter devant de telles inepties.

-Je suis ici sous le statut d’audition libre, vous n’avez aucun droit de fouiller mon véhicule sans mon consentement, et je demande à voir un avocat et je veux voir cette vidéo affirmai-je fermement.

-Vous y aurez droit en temps voulu. Pour l’instant, répondez à mes questions afin de ne pas aggraver votre situation, vous avez renversé, blessé une personne et pris la fuite, insiste-t-il.

- Quelle situation à aggraver ? Vous abusez de votre autorité ! Avec vos méthodes d’intimidation cette histoire qui n’est que mensonge pourrait se retourner contre vous.

Le policier ne fléchit pas.

-Vous avez été photographiée, vous vous êtes sauvée en laissant la cycliste à terre sans prévenir les secours, sur la vidéo si ce n'est pas vous c’est votre sœur jumelle ?

Marie Legrand, heureusement n’est pas décédée et a été traitée sur place par les services médicaux d'urgence.

Maintenant vous allez me donner vos coordonnées d’assurance après cet accident de la route, vous êtes accusée de négligence criminelle et je vous inculpe pour délit de fuite et non-assistance à personne en danger.

Je vous précise que le délit de fuite est une infraction pénale ainsi que de la non-assistance à personne en danger qui est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende. Article 223-6 du code de procédure pénal.

Vous avez le droit de garder le silence. Si vous renoncez à ce droit, tout ce que vous direz pourra être et sera utilisé contre vous devant une cour de justice.

Le débat s’envenime, mes mots sont une défense maladroite face à l’absurde accusation.

Soudain, un coup à la porte nous fit sursauter.

Un personnage surprenant entra alors dans le bureau. Un loup, flanqué de deux gendarmes.

Le policier se détourne de moi et lui fit signe de s’asseoir.

-Comment vous appelez-vous ? demande-t-il, nullement intrigué par cette apparition.

-Monsieur Fagotin », répondit l’animal au regard vif.

Où habitez-vous ?

- 3 rue des petits fours

Quel âge avez-vous ? questionna-t-il encore.

- 72 ans.

- Quand avez-vous vu pour la dernière fois le Petit Chaperon Rouge ?

- Hier, à 9 heures.

- Et connaissez-vous sa mère-grand ?

- Non, je ne la connais pas !

-Et vous n’êtes jamais allé chez elle, insiste le policier.

- Non ! Jamais ! hurla le loup.

Le policier ne se laissant pas impressionner pousse l’animal dans ses retranchements.

- Alors, comment se fait-il que l’on trouve les empreintes de vos pattes chez la mère-grand ?

- Ho ! Mais ce n’est pas moi ! C’était peut-être celles du renard ou de l’ours ! déclare le loup.

- Et pourquoi a-t-on retrouvé les vêtements de la mère-grand chez vous ?

L’interrogatoire se poursuit, mêlant des questions incongrues sur le Petit Chaperon Rouge et sa mère-grand, tandis que le loup hurle son innocence.

La scène est tellement surréaliste que je ne peux m’empêcher de sourire intérieurement, j’assiste à ce débat, tranquillement assise sur ma chaise. Le policier m’ignorant totalement ne m’accuse plus d’accident automobile et de délit de fuite.

Puis, une sonnerie de téléphone me ramène à la réalité en écho à ma propre anxiété.

Je réalise légèrement amusée, que tout cela n'est qu’un mauvais rêve bizarre, influencé par toutes ces émissions policières que je regarde à la télévision.

Annie MC

Ecoutez- moi monsieur le policier, j’ai tout vu :

Il faisait un temps magnifique.

Comme d’habitude je marchais sans but,

Foulant d’un pied léger les colchiques.

La route s’étirait à travers champs,

J’allais d’un pas nonchalant,

En sens inverse de la circulation,

Comme vous le conseillez aux piétons.

Tenant bien ma droite,

Dans la chaleur douce comme de la ouate.

Les voitures roulaient gentiment,

Certains conducteurs me saluaient en passant.

C’était une belle journée qui s’ouvrait comme un livre,

Ou l’on se sent heureux de vivre.

Chacun allait vers son destin,

Croyant choisir son chemin.

Mais soudain une voiture rouge a doublé,

Et le bonheur s’est envolé.

Tous les conducteurs ont freiné,

D’un même élan, unis et désespérés.

C’était une petite Twingo,

Qui tel un taureau,

A bondit sur l’accotement

M’interdisant de fuir en avant.

L’aile droite m’a accrochée,

Et dans les airs m’a envoyé.

C’est pour cela, monsieur l’agent,

Que mon état est si peu engageant.

Je suis là, à terre,

Au milieu d’un tas de verres.

J’entends encore les battements de mon cœur,

Mais pas pour longtemps, j’en ai peur.

Le conducteur de la Twingo

Hurle comme un Dingo :

Je l’ai tué, je l’ai tué.

Les pompiers, sur moi, sont penchés,

L’un m’écrase la poitrine,

Et sur moi s’obstine.

Puis me quitte, avec une douceur infinie.

Au loin, très loin j’entends « c’est fini ».

Les voitures repartent sans risque,

Monsieur le policier je vous quitte.

L’hélicoptère s’envole avec mon corps.

Et moi je pars vers d’autres décors,

Un très long voyage,

Au milieu de grands nuages.

Mais un jour, c’est certain,

Nous redeviendrons voisins.

Et je vous dirai « j’ai tout vu monsieur le policier ».

Nicole

Objet : Accident du Samedi 27/10/2025 à 11h32                      

Chassieu, le 28/10/2025

 

Chassieu :  Place Coponat

 

Rapport établi par Didier Rochas en qualité de témoin

A l’attention de : Monsieur l’Inspecteur Pierre Chardon Commissariat de Police – Bron

 

Comme suite à votre demande, je vous adresse tous éléments relatifs à ce que j’ai pu voir en qualité de témoin de l’accident de circulation qui est intervenu le Samedi 27 Octobre 2025, à 11h32, à l’angle des rues de la République, des Lilas et Louis Pergaud à Chassieu. Je sortais de la boulangerie et attendais au passage piétons situé face à ce commerce pour rejoindre la Halle de la Place Coponat. Le feu piéton était au rouge. Je peux en déduire de manière formelle que les feux étaient :

  •  vert pour les véhicules remontant la Rue de la République en direction de la Mairie et ceux descendant cette même artère en direction de la Route de Lyon

  • rouge pour les véhicules circulant sur les Rues Louis Pergaud et des Lilas

Je peux également être précis sur l’heure de l’accident, 11h32, celle-ci étant affichée sur le panneau d’informations municipales me faisant face sur la place.

La place et les rue alentours étaient encombrées comme tous les samedi matin à cette heure, jours de marché. Il ne pleuvait pas et les chaussées étaient parfaitement sèches.

Deux adolescents passèrent devant moi, à vive allure, sans casques, cheveux au vent, descendant la Rue de la République en direction de la Route de Lyon, tous deux juchés sur une puissante trottinette électrique dernier cri. Leur vitesse me paraissant élevée, je les suivis du regard. Une voiture Renault Clio, rouge brinquebalante circulait sur la rue des Lilas à faible allure. Elle s’engagea sur le carrefour à leur droite, au mépris du feu rouge qui s’imposait à elle. Elle coupa ainsi, la route à la trottinette et ses deux passagers qui essayèrent de l’esquiver. Ils parvinrent à éviter le véhicule rouge mais pas une lourde chute au milieu du carrefour. Le pilote perdit le contrôle de son engin. Il tomba sur le sol sans toutefois heurter le véhicule fautif. Il demeura un long moment allongé au milieu du carrefour, un peu groggy, mais bien conscient. Par chance, sa tête n’avait pas heurté le sol. Hormis une douleur à la hanche et des brulures sur tout le corps dues aux frottements sur le goudron. Selon un médecin présent sur les lieux son état n’inspirait pas d’inquiétude. Son passager plus jeune, âgé de quatorze ans environ avait réussi à sauter de la machine. Déséquilibré, il avait fait quelques pas et terminé sa course en chutant lourdement à plat ventre au milieu d’un massif de pensées. Il sentit alors un craquement et une vive douleur à la jambe gauche. Il pleurait de douleur, et se lamentait sur l’état de son jooging dernier cri, déchiré au genou et aux coudes. La trottinette quant à elle termina encastrée entre les roues avant d’un pick-up à châssis surélevé, garé en épi Rue Louis Pergaud, dans un nuage d’étincelles du au frottement du métal sur le goudron.

La police municipale géra l’alternat de circulation et tint à l’écart les badauds qui s’attroupaient au plus près des lieux de l’accident. Les pompiers appelés intervinrent rapidement. Ils évaluèrent l’état des jeunes blessés et les convoyèrent en ambulance à l’hôpital. Le pilote pour des examens et contrôles à la recherche de traumatismes non apparents. Le plus jeune passager après pose d’une attelle pour immobiliser sa jambe et une piqure d’antalgique contre la douleur prit le chemin de l’hôpital pour une suspicion de fracture. Chacun partit dans une ambulance après avoir pu être rassuré sur les blessures de son compagnon d’infortune.

L’équipage de police secours après avoir relevé et contrôlé l’identité des protagonistes, a testé le chauffeur de la voiture et de la trottinette, pour les vérifications d’usage en matière d’alcoolémie et de stupéfiants, tests qui se sont révélés négatifs. Les policiers ont ensuite pris des photos des lieux, élaboré un croquis succint et relevé quelques mesures au sol.

Ils ont enfin interrogé à l’écart, au calme dans leur fougon, le vieil homme conduisant la voiture, qui avait du mal à se remettre de ses émotions. Comme il l’avait déjà expliqué à des témoins, il était incapable d’affirmer que le feu était rouge ou vert pour lui. Il avait voulu empêcher deux pots de lavandes déposés dans un cagot sur le siège passager de tomber au sol. Il venait de les acheter au marché pour fleurir la tombe de son épouse à la Toussaint.  Mais, plus que tout, il s’inquiétait pour la santé des « minauds  qu’’il avait envoyés à l’hôpital ».  Il répétait en boucle, qu’il ne comprenait pas « son énorme faute de conduite après cinquante années de conduite sans accident ». Le vieil homme fût autorisé à rentrer chez lui muni d’une convocation ultérieure au commissariat pour une déposition plus complète, le lundi suivant.

Enfin, les policiers ont chargé dans leur fourgon la trottinette. Ils sont partis après avoir pris les coordonnées des témoins encore présents sur place et leur avoir demandé de consigner ce qu’ils avaient vu, le plus précisément possible dans un rapport à transmettre à l’Inspecteur Chardon.

C’est donc à ce titre que j’ai rédigé ce rapport.

Didier

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