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Pierre a proposé:
Avec trois de vos amis, vous avez traversé la forêt et grimpé le sentier rocailleux qui vous a conduit au sommet. Que la vue est belle ! Sauf ce gros nuage sombre qui s’approche de vous. Vite, vous prenez le chemin du retour. Mais l’orage est vite là, juste au moment où vous entrez dans la forêt. Une petite maison inhabitée est là, vite vous poussez la porte non verrouillée. Ici, vous êtres à l’abri, et compte tenu de l’orage, pas question de repartir. Racontez cette aventure. Que se passe-t-il dans cette maison ? Décrivez cette maison. Détaillez les attitudes de chacun
En forêt
La semaine dernière on a entrepris
Avec des amis Paul et Françoise
D'aller en forêt cueillir des framboises
Mais par la pluie on a été surpris.
En peu de temps sur nous l'orage
Très vite s'est abattu avec rage.
Et de la tête aux pieds
On a été tout trempés.
De la voiture on était Ioin
Et nos téléphones en cas de besoin
Etaient complètement muets
Au fin fond de cette forêt.
Longtemps on a marché
Sans savoir où aller.
Une cabane abandonnée
On a enfin trouvée.
La porte on a poussée
On pouvait enfin respirer
Et de nos vêtements mouillés
On a presque tout quitté.
En chemise et en caleçon
Paul ne se sentait pas à l'aise
Et nous craignions
Qu'il nous fasse un malaise !
Aussi on explora l'endroit
Le tour fut vite fait
On trouva un peu de bois
Pour faire un feu c'était parfait !
De son sac Paul tira un journal
Françoise un briquet
Les flammes s'élevèrent à la verticale
Chassant l'air frisquet.
Dans cet endroit réduit on tournait en rond
ne sachant que dire et que faire
C’était il y a peu que nous nous retrouvions
Et ici on était solitaires.
D’un seul coup tout le monde parla
De chose et d’autres sans queue ni tête
De nos complicités en ce temps là
Ou on se trouvait pour faire la fête.
Bientôt l’orage partit au loin
Le soleil reparut par la porte entrouverte
On renfila nos vêtements avec soin
Et le sourire retrouvé on reprit notre quête.
Christiane
A l’abri sous l’orage
Ils sont quatre comme les trois mousquetaires ! Tous bons marcheurs. Cela fait des mois qu’ils ont organisé cette randonnée en forêt. Après avoir marché des heures ils arrivent enfin au sommet de la montagne. Mais ils n’ont pas le temps d’admirer le village, loin, tout au fond de la vallée.
L’orage arrive tel un taureau enragé, il se déchaine, les éclairs zèbrent le ciel et illuminent la forêt, le tonnerre gronde. Ils courent à travers les arbres conscients du danger mais ne trouvent aucun refuge.
Soudain Euréka, une maison. Ils entrent, comme des fous, dans la petite masure. Après un bon quart d’heure ou chacun récupère son souffle et laisse son cœur se calmer, quatre paires d’yeux regardent ce qui les entoure.
« Tiens mais c’est la maison de la guérisseuse, je ne savais pas qu’elle se trouvait si loin du village. »
« La guérisseuse, c’est quoi cette histoire ? »
« Elle était très connue du temps de ma grand-mère, c’était déjà une personne âgée mais toujours renommée. Elle n’a jamais voulu descendre au village, elle était née dans cette maison et elle a fini sa vie ici. Mais elle n’était pas isolée, une foule de gens venait la voir, du village et des environs, tellement elle était douée. C’est bien simple si mon oncle et ma grand-mère sont là c’est grâce à elle. Je soupçonne même que toute la famille est allée la voir. Moi non, elle était morte, mais souvent quand j’étais petit et que je luttais contre mon asthme, ma grand- mère s’écriait « Ah si La Mélanie était là ! ». C’était une protection pour beaucoup de gens. »
« Moi c’est mon Père qui en parle ! »
« Mais elle est morte ! »
« Il ne parle pas de La Mélanie, mais de sa maison ! C’est un relais pour lui et ses copains chasseurs. Ils s’arrêtent souvent ici pour refaire le monde et casser la croûte. Au fait il doit y avoir des réserves. » Après avoir ouvert le vieux placard, ils trouvent effectivement des boîtes de pâté, des biscottes et à boire. En riant ils s’installent autour de la table, chantent, mangent et boivent, laissant l’orage s’exciter à l’extérieur. « Je dirai à mon Père de refaire les réserves. Buvons et mangeons, prenons des forces pour le retour. »
« Moi ce n’est pas en tant que guérisseuse que j’ai entendu parler de La Mélanie, mais de son rôle joué pendant la guerre. Mon grand-père en parle avec beaucoup de respect et de reconnaissance. C’était un refuge pour les maquisards, elle les soignait et les mettait à l’abri quand ils rentraient chez elle, harassés et grelottants de froid. A son décès lui et ceux qui restaient de cette époque lui ont fait une cérémonie superbe. Sa tombe est toujours fleurie et ils entretiennent sa maison. Vous voyez le toit est bon et les murs solides. » Après un moment de silence, les trois se retournent vers leur quatrième camarade.
« Et toi tu n’as jamais entendu parler d’elle ? Tu ne dis rien, tu nous écoutes en silence et souris. Pourtant tu devrais la connaitre, tu es du village comme nous ? »
« Je la connais et même beaucoup. Ma famille en parle souvent et je l’aime sans l’avoir jamais vue. C’est mon arrière-grand-mère. »
« Oh c’est pour cela que tu t’appelles Mélanie ? »
« Et oui c’est pour cela. »
« C’est super, nous aussi on a notre Mélanie. Viens dans nos bras. On est encore plus soudés. A nous quatre on fait un bloc pour la vie toute entière. »
Et pour renforcer ce serment un rayon de soleil illumine la chaumière.
L’orage est loin.
Nicole
L’aventure dans une maison inhabitée.
C’était une belle journée d’automne lorsque Pierre, Josiane et moi avons décidé de nous aventurer dans la forêt. Après avoir gravi un sentier rocailleux qui serpentait entre les arbres, nos jambes commençaient à ressentir la fatigue. Les feuilles craquaient sous nos pieds, et l’air était empli d’un parfum boisé que seuls les amoureux de la nature peuvent vraiment apprécier.
Alors que nous atteignions un petit sommet surplombant la vallée, quelque chose d’étrange s’est produit. Le ciel, qui jusque-là était d’un bleu limpide, a commencé à se couvrir de nuages sombres, assez menaçants. Sots que nous étions nous n’avions pas emportés des vêtements adaptés à la météo qui peut varier rapidement en forêt au pied des montagnes.
Inquiets, nous échangeons des regards furtifs, il était temps de prendre le chemin du retour.
À peine avions-nous démarré notre descente que l’orage s’est mis à gronder. Des éclairs déchiraient le ciel et le tonnerre résonnait comme un battement de tambour. Nous avons couru, cherchant désespérément un refuge. Une forte averse s’est abattue sur nous. L’eau glaciale transperçait nos vêtements.
Ce qui avait commencé comme une simple promenade en forêt se transformait en une aventure désagréable. L’odeur humide de la terre mouillée se mêlait à celle des feuilles tombées, créant un parfum d’humus. Nous marchions sur un sentier sinueux, nos pas résonnaient faiblement sur le sol boueux. Le vent hurlait dans les arbres, nous incitant à accélérer pour trouver un refuge.
C’est alors qu’au détour d’un virage, nous avons aperçu une demeure oubliée, à peine visible derrière un fouillis de ronces et de broussailles, une vieille maison qui semblait inhabitée. La façade, bien que délabrée, révélait des traces d’une splendeur passée. Les fenêtres brisées semblaient observer notre présence avec curiosité, tandis que les volets grinçants sous les bourrasques du vent évoquaient des souvenirs enfouis depuis trop longtemps.
Que faire ? demanda Josiane, ses yeux pétillants d'excitation et de crainte. Pierre, toujours plus téméraire, fut le premier à franchir le seuil, attiré par l'aura mystérieuse de ce lieu.
Sans réfléchir, nous avons poussé la porte, qui s’est ouverte dans un grincement lugubre. Comme un chant hypnotique, la promesse d'une découverte d’un trésor caché nous poussait à l'intérieur.
En entrant, la stupeur nous a saisis. L’intérieur était totalement figé dans le temps. Des meubles recouverts de draps blancs poussiéreux, des toiles d'araignées ornant plafonds et les coins des pièces semblaient être les détentrices des lieux.
Au centre du salon trônait une immense table en bois, autour de laquelle étaient disposés des chaises en désordre. Sur la table, un ancien gramophone semblait attendre d'être utilisé, et contre le mur, une cheminée éteinte portait encore les traces de cendres vieilles de plusieurs décennies.
À peine avions-nous franchi le pas de la porte que le tonnerre gronda de plus en plus fort, résonnant comme un appel aux armes.
L’orage battait son plein, créant une toile de fond parfaite à notre quête d’inconnu. La lumière vacillante des éclairs dansait sur les murs décrépits, révélant des fresques anciennes et des portraits fanés. Qui avait vécu ici ? Quels secrets ces murs avaient-ils engendrés ?
L'atmosphère de la maison était chargée d'histoires inexprimées, de souvenirs enfouis. Josiane, fascinée, s’approcha du gramophone, tandis que Pierre scrutait les murs, cherchant des indices sur ceux qui avaient jadis habité ces lieux. Tout à coup, un bruit sourd retentit à l’étage, nous eûmes ce frisson de peur qui parcouru nos corps, échangeant des regards alarmés, puis, mus par une curiosité inexorable, nous avons décidé d’explorer davantage cette maison mystérieuse. Ce qui avait commencé comme une simple promenade en forêt s’était transformé en une aventure au cœur des secrets du passé. Malgré notre angoisse, nous voulions savoir !
Que trouverions nous ? Qui avait vécu ici ? Le mystère s'épaississait, et l’orage battait son plein dehors, créant une toile de fond parfaite à notre quête d’inconnu.
Ainsi, nous avancions dans cette demeure oubliée, prêts à découvrir ce que le destin réservait à trois âmes égarées sous un ciel orageux. Nos pas nous menèrent vers une salle aux plafonds ornés de sculptures, où trônaient de nombreux meubles toujours recouverts de draps poussiéreux. Le temps semblait suspendu, chaque objet nous semblait chargé d'histoires. Au centre de la pièce, une horloge ancienne était arrêtée, aucun son de tic-tac, rappelant que chaque seconde compte.
Regardez ! s’exclama Pierre, pointant un vieux cahier posé sur une table. Ses mains tremblaient légèrement alors qu'il l'ouvrait, dévoilant des pages jaunies remplies d'écritures à l’encre décolorée. C'était le récit d’une famille autrefois prospère, leurs joies, leurs peines, et finalement, leur étrange disparition dans la tempête de 1923. Le mystère s’épaississait, et nous étions maintenant pris dans la toile des événements passés.
Que faisait la France en 1923 ?
En 1923, la France s'engage dans la difficile occupation militaire de la Ruhr plus grande région industrielle de l'Allemagne, afin de contraindre ce pays à régler correctement les sommes qu'il doit au titre des réparations de guerre. Au fur et à mesure que nous explorions les pièces, une série de tableaux nous attirèrent. Une peinture se distinguait des autres : un groupe de personnes souriant, entouré d'un paysage similaire à celui que nous avions traversé.
Mais il y avait quelque chose d’inquiétant dans leurs regards.
Étaient-ils conscients du destin qui les attendait ?
Etaient-ils allemands ? La famille s’est -elle enfuie en Allemagne ?
La tempête à l'extérieur redoublait d'intensité, les éclairs zébrant le ciel, illuminant fugacement notre havre de mystères. Nous étions trois âmes égarées, unies par cette quête, mais séparées par la peur et l’émerveillement. Chaque nouveau secret que nous découvrions ne faisait qu’approfondir notre curiosité, mais aussi notre inquiétude. Qu'allions-nous découvrir au-delà de ces murs ? Quels fantômes du passé allaient-elles nous révéler ?
Alors que nous continuions à fouiller chaque recoin de cette demeure chargée d’histoire, une nouvelle réflexion s'imposa : parfois, le véritable trésor réside non pas dans ce que l'on cherche, mais dans les histoires que l'on croise en chemin. Peut-être qu’à la fin, ce ne serait pas seulement les secrets du passé que nous mettrions à jour, mais aussi une partie de nous-mêmes, perdue quelque part entre le bruit de la tempête et le silence des anciens.
La lumière vacillait timidement sur les murs ornés, révélant des motifs effacés par le temps et les souvenirs. Chaque pièce semblait murmurer des secrets oubliés. Nous imaginions des échos de vies jadis vécues, des rires et des pleurs qui dansaient ensemble dans cette atmosphère à la fois lourde et légère.
C’était comme si chaque objet, chaque meuble, portait en lui le poids des récits qu’il avait abrités. Un vieux fauteuil à bascule, par exemple, paraissait conserver les empreintes des soirées passées, là où des générations avaient partagé des contes au coin du feu, défiant le froid extérieur. Nous étions les intrus bienveillants de ce lieu, les archéologues d’une mémoire collective, soucieux de préserver ces fragments d’humanité qui flottaient autour de nous. Peut-être qu’à la fin, ce ne serait pas seulement les secrets du passé que nous mettrions à jour, mais aussi une partie de nous-mêmes, perdue quelque part entre le bruit de la tempête et le silence des anciens.
Au fur et à mesure que nos mains effleuraient ces objets, nous découvrions des échos de notre propre histoire, des réflexions sur nos
peurs, nos espoirs et nos rêves, des résonances de mystères que seule la vie pouvait comprendre. Les murs de cette maison semblaient nous observer, nous questionner : que cherchez-vous vraiment ?
Était-ce le trésor enfoui, ou plutôt cette connexion ineffable avec ceux qui avaient vécu ici avant nous ?
À chaque coin sombre, à chaque objet découvert, nous imaginons des réponses inattendues, des éclats de vérité sur l’histoire de ceux qui avaient vécus. La tempête faisait rage à l’extérieur, mais ici, à l’abri, un calme presque sacré régnait. Les histoires s’entrelaçaient, se déployaient comme un calendrier des émotions humaines.
Nous réalisions peu à peu que cet endroit était plus qu’un simple vestige du passé ; c’était un miroir déformant de notre propre existence, une invitation à plonger plus profondément en nous-mêmes. Ainsi, en fouillant cette demeure chargée d’histoires, nous étions en quête non pas de richesses tangibles, mais d’une sagesse intemporelle, celle qui éclaire les chemins tortueux de nos vies.
Annie
Et voilà ! Nous sommes arrivées.
Ça n’a pas été facile : le sentier est très rocailleux.
Moi, je me suis tordu la cheville, Laure a mal aux cuisses, Jeannette souffle comme... hum ! un bœuf, et Renée, elle, suit son chien Kaya à la traîne.
Mais courageuses, nous sommes arrivées au sommet du Mont Pointu, et sans attendre, nous nous sommes assises à même le sol.
Personne ne disait un mot, toutes occupées à boire. Ah, c’est bon ! Un vrai bonheur !
— « Jeannette, notre intellectuelle, pourquoi “le Mont Pointu” ? Tu le sais ? »
— « Il me semble que c’est à cause du rocher, là, juste à côté. Il est haut et pointu.
D’après la légende, ce serait un soulèvement de terre, provoqué par un tremblement de terre, pour punir les habitants du petit village qui se trouvait ici. »
Je m’avance un peu. Autour du rocher, très peu d’espace, un peu d’herbe, de petits buissons, et beaucoup de rocaille !
Mais quelle vue !
Nous sommes à 380 mètres d’altitude. Il fait frais, avec un petit vent.
J’aperçois le village, tout petit, on dirait une construction de poupées. L’église seule se distingue par son clocher.
Des champs de verdure — du blé ? de la luzerne ? — et de la vigne qui grimpe de l’autre versant.
Le paysage est pittoresque, paisible. Mais le ciel se couvre, le vent se lève...
— « Les filles, il faut descendre ! Vu les nuages noirs à l’horizon, c’est sûr qu’il va pleuvoir. »
Notre guide, Jeannette, a parlé !
Nos sacs bien calés sur le dos, nous entamons la descente.
Le vent nous pousse, Kaya aboie, elle a peur du tonnerre. Nous aussi, on commence à s’inquiéter.
Et il nous reste la forêt à traverser avant de rejoindre notre auberge.
Vite ! Vite ! La pluie nous surprend.
D’abord quelques gouttes, puis le déluge !
Nous arrivons aux abords de la forêt. Mes cheveux dégoulinent, l’eau s’infiltre dans mon dos.
— « Là ! Regardez ! Une cabane ! Vite, à l’abri ! »
C’est Kaya qui a conduit Renée.
Ah ! Vite, vite ! Bon, ce n’est pas le château de la Belle au bois dormant, mais tant pis. Jeannette pousse la porte, qui tient on ne sait comment, et nous voilà toutes à l’intérieur. Beurk ! Quelle odeur ! Du moisi, des déchets de je ne sais quoi, ça pique la gorge. Elle doit être abandonnée depuis plusieurs années. Nous nous blottissons les unes contre les autres, au fond. C’est sombre, presque noir. Il manque quelques tuiles. On entend des flop, des crissements, des bruits... Non, même pas peur... ?
Je ne voyais rien devant moi, ni autour. Toutes les branches des arbres s’entrechoquaient, remplissant l’air d’un grondement incessant. Dehors, la tempête faisait rage, frappant la petite cabane.
Par une fenêtre sans vitre, je voyais un fouillis d’arbres bousculés par le vent, éclairés de temps en temps par de grands éclairs.
Le chien, endormi, se réveilla brusquement. Il leva la tête, tendit le cou, regarda la porte entre ouverte, et poussa un hurlement lugubre qui nous fit toutes tressaillir. Tous les regards se portèrent sur lui.
Kaya restait immobile, dressée sur ses pattes. Puis elle se remit à hurler.
Malgré moi, un frisson me parcourut de la tête aux pieds.
Renée s’accrocha à mon bras. La peur. L’épouvantable peur.
On n’entendit plus rien pendant deux minutes.
Puis le bruit revint, frôlant les murs, grattant la porte... Je me rapprochai de Jeannette.
Laure me prit le bras. Renée attrapa son chien par le collier : il ne voulait plus bouger !
Et pour couronner le tout, Renée me serra le bras et me fit signe de regarder au fond de la cabane :
deux yeux jaunes brillaient dans l’obscurité, braqués sur nous.
— Maman !
Un bruit de petits grattements, des dérapages sur le sol, et… un rat ! Un gros rat !
Renée poussa un cri, se cramponna à moi. Moi, à mon tour, je me serrai contre Laure.
Jeannette heurta le chien.
Le rat, ni une ni deux, détala et disparut par un trou dans le mur.
— Ouf !
Combien de temps sommes-nous restées ainsi, figées dans cette cabane ?
Si la peur pouvait se mesurer, je dirais... pfff... un temps indéterminé !
Nous étions tellement tendues que c’est le chien, en s’ébrouant et en allant vers la porte, qui nous fit éclater de rire — un rire nerveux, incontrôlable, comme après un spectacle comique !
Kaya sortit en courant, visiblement pressée.
Devant la porte, une grosse branche bouchait le passage.
— « Et voilà ce qui nous a fait si peur ! La branche, en tombant, a frotté la porte ! »
Mais chut... On ne le dira pas !!
Josy
Quel orage ! Une aventure mémorable !
Nous étions quatre bons amis. Nous avions quatorze à quinze ans environ. En ces temps, les jeunes adolescents de notre âge étaient libres comme l’air, autonomes et responsables. Nos journées de vacances se passaient dehors, en groupe de copains dès le matin. Les logements étaient souvent exigus, abritaient parfois enfants, parents et grands-parents. Les parents travaillaient dur, et il ne fallait pas trainer dans leurs pattes. Nous ne rentrions que le soir, après avoir écumé la campagne environnante à vélo ou la ville à pied ou en bus.
Ce matin de juillet 1969, nous étions partis chaussés de tennis, pour une journée de promenade au Mont-Cindre. Notre fière équipe avait quitté en vélo la colline de la Croix-Rousse où nous vivions tous les quatre, en vue d’un repérage à la recherche d’un coin tranquille, près d’une ferme où nous pourrions installer nos tentes et camper quelques jours cet été.
Paul et Brigitte, son inévitable sœur cadette, les enfants du charbonnier limonadier de la Rue d’Austerlitz, roulaient toujours devant.
Paul, grand blond costaud, avait un tempérament de chef. Entre amis comme en famille, il fallait toujours qu’il brille et soit reconnu. Brigitte le suivait aveuglement, suçant sa roue, toute à la dévotion de son idole de frère, et par peur d’être décrochée. Jacques le discret de la bande, effacé, préférait se plier aux caprices de Paul sans rechigner. Quoi qu’il arrive, il avait décidé de ne se fâcher avec personne, d’économiser son énergie pour profiter des bons moments de la vie. C’était le vrai bon copain…Je fermai la marche en général, prenant du recul sur l’évènement, rêveur et contemplatif, voulant plus que tout préserver mon indépendance.
Nous avions déposé nos vélos, enchainés à une rambarde près du pont de Collonges, avant d’entamer, sacs sur le dos, l’ascension du Mont-Cindre. Nous empruntions dans un premier temps les petites ruelles sinueuses et pentues entre les maisons de pierre dorées, abritées des regards par des hauts murs. Puis nous nous attaquâmes au sentier escarpé et caillouteux qui serpentait à travers la forêt à flanc de colline. A cette époque, les chemins n’étaient pas entretenus, encore moins balisés. Il fallait parfois se frayer un passage en écartant les branches de noisetiers et les ronces et les orties envahissant le sentier. Les merles et autres passereaux nous accompagnaient de leurs chants, une buse tournoyait au-dessus de nous probablement à la recherche d’un mulot ou d’un garenne pour son repas. En chemin, Brigitte avait rempli un petit sachet de mûres sauvages. Les garçons avions, munis de nos Opinels n° 09, taillé de « guidobes », dans des tiges de moelle de sureau, que nous fumions jusqu’à l’écœurement. Nous avions ensuite pique-niqué au sommet, tout près de l’Hermitage. Nous nous étions installés dans un champ en contrebas, profitant d’un merveilleux panorama sur l’ensemble de la ville, à nos pieds. Après avoir refait le monde, discuté de tout et de rien, fait une partie de ballon, joué à la bataille et tenté d’initier Brigitte et Paul aux arcanes de la belote coinchée, il était temps de prendre le chemin du retour. Il faisait lourd, des éclairs de chaleur zébraient le ciel. En moins de cinq minutes, de gros nuages noirs s’amoncelaient, le tonnerre se faisait entendre et le vent chaud se leva. Vers quinze heures, nous dévalions le chemin, à grandes enjambées, lorsque de grosses gouttes chaudes, mêlées de grêlons de la taille d’une griotte s’abattirent sur nous, piquant notre
visage et notre nuque. Le tonnerre, les éclairs, le vent semèrent le chaos sur la forêt. Le sentier n’était plus qu’un ruisseau boueux et
glissant charriant des feuilles, des branchages et de petites pierres, rendant la marche rapide difficile et dangereuse. L’inquiétude se lisait sur les visages. Paul, s’énervait et nous reprochait notre lenteur. « Attention aux chevilles, une entorse est vite arrivée » prévint Jacques plus réaliste. Après une rapide analyse de la situation, Jacques conclut : « nous ne pouvons pas rejoindre le village et nous mettre en sécurité sous la halle dans ces conditions dantesques. La marche est dangereuse et la foudre peut tomber sur les hauts fûts des pins ! » C’est alors que je mes souvins avoir vu à l’aller, au croisement entre le chemin forestier et la route vicinale, une petite maison de cantonniers abandonnée en bordure de route à cent mètres à peine. Je propose que nous rejoignions cet abri de fortune le temps que l’orage se calme. Les orages d’été sont souvent très violents mais durent rarement très longtemps La plupart du temps les éléments se calment et sitôt, le ciel bleu et le soleil se réinstallent. On voit à travers la verdure, au loin, les tuiles rouges de la maisonnette. Sa porte bancale est à demi cachée par le lierre qui a partiellement envahi la façade de pisé. Elle est maintenue fermée par une chaine et un vieux cadenas rouillé. Elle est si vermoulue qu’elle cède et s’ouvre à la première secousse. Après avoir dégagé le lierre, nous pénétrons dans une grande pièce sombre de vingt mètres carrés environ. La toiture malgré le temps semble étanche et nous sommes à l’abri, dans la pénombre certes, une odeur de moisi imprégnant toute la pièce, mais à l’abri. Nos vêtements sont trempés et collent à la peau. Nos cheveux ruissellent sur nos visages. Heureusement, comme mon père me l’a appris, mon sac à dos renferme un minimum d’objets indispensables – un opinel, un couteau suisse multi-lames, une lampe de poche et sa pile de rechange, une boite de colle et de rustines et un démonte- pneus…Mes copains se moquent souvent de moi, « tu emmènes ta maison sur ton dos », mais n’hésitent pas, c’est pour moi mon moment de gloire, à me solliciter en cas de besoin. J’allume donc ma lampe de poche qui suffit à éclairer les vingt mètres carrés de terre battue. Au fond, un petit poêle à charbon, inutilisable, car sans tuyau d’évacuation ni porte, contre le mur, une vielle table et un long banc à trois pieds, sur une étagère, un vieux cahier cartonné rempli de consignes et de rendu compte du travail des cantonniers, curage des fossés, taille de haies, rebouchage de nids de poules, gravillonnage … Au mur, accrochés à des clous rouillés, un manche de pioche, une patère supportant une veste de bleu de travail en lambeaux, une serpette sans manche, des pièges à nuisibles, un almanach des PTT de l’année 1965 avec ses trois petits chatons dans leur panier à faveurs roses…le tout empli de poussière et de toiles d’araignées. Au sol, dans un seau à charbon, quelques boulets de charbon et un vieil exemplaire du Progrès de Lyon en date du 30 Novembre 1964, annonçant l’inauguration de la piste de ski de La Sarra par Louis Pradel Maire de Lyon. Deux nids de passereaux abandonnés, des fientes et des plumes au sol attestent de la présence récente d’occupants.
Brigitte s’inquiète « Quelle désolation » Elle craint de prendre ses longs cheveux noirs bruns dans les toiles d’araignées qui tapissent la pièce en tous sens. Elle déteste la poussière et l’obscurité et même notre présence ne suffit pas à la déstresser. Paul essaie de la rassurer en vain. Pour m’occuper, je fais le bilan des restes de nourriture au fond de nos sacs : deux pommes, quatre sucres, deux tranches de pain d’épice et deux bâtons de réglisse… Jacques l’intello médite sur la fragilité de la condition humaine. « Quatre amis, assignés à résidence dans vingt mètres carrés, à quinze kilomètres de chez eux !. Nous sommes bloqués ici, seuls, depuis plus de deux heures, sans vivres, au milieu des éléments déchainés… Et cette brume qui monte au contact de la pluie sur le sol encore chaud. On n’y voit pas à cinquante mètres ! Qu’avons-nous fait pour mériter cela ? » Face à cette marée de sinistrose qui submerge mes amis tout proches de la déprime, je décide de dédramatiser et de relativiser. « Mes amis, Pensez aux victimes de sinistres ou de guerres et vous verrez comment notre situation est enviable. » Fier de mon coup de gueule, je m’assieds sur un vieux moellon. Je sors de mon sac mon petit carnet sur lequel j’ai pour habitude de noter au crayon de bois mes impressions à chaud. Brigitte a sorti un petit roman-photo. Pour essayer de tuer le temps, Jacques et Paul font une bataille navale assis sur le bout du banc à trois pieds. L’ambiance se fait lourde au fur et à mesure que le temps passe et que la pluie continue de tomber. Les soupirs se font plus longs. Soudain, la pluie semble ralentir, le tonnerre se tait, un rayon de soleil entre dans la pièce. Le ciel est bleu et les nuages filent vers le nord.
Les sourires illuminent à nouveau les visages de mes compagnons. D’un bond, tous se lèvent prêts à partir et récupérer leurs vélos au pied de la colline. Paul a retrouvé sa superbe et ses habitudes de « chefaillon ». Il reprend la tête de la colonne sur le retour et imprime une cadence soutenue sous le soleil revenu. Nos vêtements sèchent alors que nous roulons. Oubliés le froid et l’humidité ! Oubliées la déprime et les idées noires ! Dans une heure, nous aurons retrouvé le confort de nos logements, pris une douche réparatrice, prêts à raconter au cours du souper, notre épopée à nos familles ébahies et fières de nous.
Une bonne nuit, et demain sera un autre jour. Une partie de pêche (écrevisses et friture) et de baignade en Saône sur l’Ile Roy est programmée. Rendez-vous à neuf heures, au pied du Gros Caillou, cannes bambou fixées au cadre du vélo. Brigitte ne sera pas là, elle a horreur de la pêche et préfère un après-midi au calme entre copines. Jean-Marc mon cousin plus âgé nous accompagnera. Il apportera les vers, les appâts et les mouches fabriqués maison. C’est un pro du moulinet.
On n’avait alors, ni portables, ni consoles, ni tablettes…mais on ne s’ennuyait pas entre copains !
Didier
Une randonnée en forêt
Nous étions dans les années 70, Nous avions traversé mai 68 !
Le monde entier fut poussé par une forte poussée libertaire, qui se diffusa dans toutes les catégories professionnelles, culturelles, dépassant les clivages sociaux, les barrières ethniques, culturelles, politiques, d’âge et de classe.
Un vent de liberté souffla dans le pays.
Nous habitions à cette époque dans des appartements, pour les uns à La Duchère, Vaulx en velin, et les Minguettes pour moi. Habitués dans notre enfance à la campagne, je ne sais pas si ce fut l'air du temps, ou mai 68, un de mes beaux-frères, Jacky, pour ne pas le nommer, au repas d’un dimanche, nous étions une quinzaine le plus souvent, lança...
— Et si on louait une maisonnette à la campagne pas très loin de la région pour les petits comme les grands week-ends. les fêtes, et
pourquoi pas pour les vacances ?
Ce fût une adhésion générale, les enfants en majorité !
Il rajouta : j'ai un copain, qui tient une agence, je passerais le voir pour voir ce qu’il y a d'intéressant, pas très loin d'ici...
Jacky ne chercha pas très longtemps.
Quelques mois après, mon autre beau-frère Fanfan, vitrier de son métier, monta une autre affaire, avec un ami dans la région Bourgogne Franche-Comté.
Ma sœur Francine s'installa à Montcony, dans une petite fermette Bressane avec ces 2 enfants...
Très vite Montcony fût la maison de campagne familiale, il avait fallu faire quelques rénovations avec l'aide des uns et des autres...
C'était vraiment la colonie de vacances... Pas de salle de bains, WC extérieur. Juste à l'extérieur une petite dépendance, avec évier, un robinet et l’eau courante ! Le luxe !
De belles forêts bordaient les bords des routes, nous commencions à faire des petites randonnées à pied ou vélos.
Pour Jacky ce fut une évidence, Montcony lui tendait les bras...
Il fit l'acquisition d’une jolie fermette, à 500 mètres de l'autre, dotée d’une jolie mare à canards. La région était très verdoyante, de forêts, de petites rivières ...et ma sœur Josette s'installa avec sa petite fille Virginie.
La famille le week-end, avec parents et grands-parents envahissaient ces deux fermettes...
Très vite nous sympathisions avec les fermes avoisinantes, c’étaient des fermiers, des paysans forts bienveillants, nous bénéficions du lait tout frais dès la traite des vaches, des œufs, et de la volaille Bressane. La plupart d'entre eux allaient vendre leurs produits au grand marché de Louhans qui se trouvait à 10 kms de Montcony, marché très réputé en Saône et Loire.
La ferme à laquelle les enfants allaient chercher le lait tous les soirs, faisait office de cabine téléphonique, chez Madame Fèvre la fermière, car bien entendu c'était encore l'époque de cabines téléphoniques, et les portables sommeillaient dans les bureaux d'études des techniciens de la télécommunication !
Les premières grandes vacances à Montcony furent en juillet 1974, les rénovations étaient pratiquement finies. Les deux habitations étaient prêtes à recevoir toutes les petites familles. Cela faisait plus d'un an que nous faisions des week-ends, les cousines cousins étaient plus que ravis. Ils se chamaillaient souvent, pour aller chez Madame Fèvre chercher le lait, ils adoraient aller voir les animaux, et surtout la traite des vaches...
Madame Fèvre avait 2 enfants, Marilyn, qui aidait sa maman, et Patrick 18 ans, qui aidait son papa au champ. Nos familles respectives, se composaient de 2 garçons, Franck et Thierry, 10 ans et 12 ans, et 6 filles, Carole, Christèle, Valérie, Corine, Laurence, Nathalie de 4 à 12 ans.
À 2 kms des fermettes, il y avait une épicerie bar... Comme il en existait dans les campagnes à l’époque, les enfants allaient presque
tous les jours, chacun deux avaient leur vélo, il nous manquait souvent quelque chose pour les repas, lessive ou autre...
C'était leur balade quotidienne.
Les après-midis, c’était nous les adultes à aller à la découverte des villages environnant, la Saône et Loire est une région où domine les forêts et des petits lacs et rivières. Les enfants nous suivaient parfois Le Fay, fut une jolie découverte, nos vieux vélos avait du mal à monter la côte. Mais arrivé au centre, il y avait une petite supérette et un bar de glace Italienne.
Montcony était entouré de petites bourgades, et de magnifique forêt Nos moments de loisirs, nous les consacrions à prospecter les petits coins sympas de la région.
Un matin, nous étions presque à la fin de nos vacances de juillet, Josette ma sœur cadette lança "Et si nous allions cet après-midi faire une randonnée, du côté de "Saint Usuge" est à peu... près la même direction qu"au Fay, mais Direction Louhans ...Madame Fèvre m’a dit qu’il y avait de jolis coins, et une petite rivière, c’est à environ 8 kms d"ici un peu plus loin qu"au Fay...
Ok répliqua Suzanne, mais on n’emmène pas les petits ... Évidemment de toute manière Francine ne vient jamais, elle surveillera
les enfants, les garçons, ne viennent pas, depuis 2 jours ils sont en train de préparer des pièges à mouches, pour nourrir les petits lézards.
Et puis il y a les hommes qui bricolent toujours..., qui sont là...
Vers quel heure le départ demanda ma belle-sœur Josiane ?
Vers 15h30, après avoir ranger la cuisine et coucher Virginie...
On peut venir nous aussi, chantèrent en cœur Laurence et Nathalie !
Oui bien sûr, et vérifiez bien vos vélos. Lança Josette...bon donc Marie,
Josiane, Suzanne, Laurence Nathalie et moi, Départ à 15h,30
Je demandais...ils n’annoncent pas des orages ce soir. Josette ?
Oui mais d'ici le soir nous serons rentrés.
Une fois tout rangé, les consignes données aux enfants, de ne pas sortir de la femme de bien obéir à Francine...
Les hommes étaient occupés dans le grand hagard, nous enfourchions nos vélos. Dans le vélo de Josette, dans le siège de la petite Virginie, nous avions mis quelques friandises, et nos gourdes d’eau accrocher à nos vélos.
Les hommes, sortis de leur hangar, moqueurs nous lancèrent,
— Vous n'allez pas dans un désert, vous allez où, équipés comme çà ?
Saint Usuge est à peine à 12kms...
Les hommes éclatèrent de rires... nous voilà parties toutes les 6 pour cette nouvelle randonnée ...
Je constatais que depuis midi. Des petits nuages c'étaient amoncelles depuis ce matin...
Ce mois de juillet étaye particulièrement chaud, mais dès que nous rentrions dans les forêts, ils faisaient tout de suite frais, moi j'emmenais toujours une petite veste elle n'était pas de trop.
Nous arrivions à Saint Usuge, que nous découvrions, nous avions fait à peu près 7km… Suzanne proposa de faire le tour du village, et s'arrêter au bar café...
Nous n'avions pas pris le temps, de le boire après le déjeuner.
Moi ce qui m'inquiétait, c’était ce ciel, qui de plus en plus se chargeait de nuages gris.
— Josette sûr d’elle me rassura
— T’inquiète ce sont des petits orages d'été, qui ne dure pas longtemps, et puis dans les forêts il y a toujours des petits abris, style arrêt de bus ...
Josiane et Suzanne n'étaient pas rassurées non plus en voyant tous ces nuages ...elle demanda au bar- man ce que la météo prévoyait dans la région...
— Ho ils prévoient des orages en fin d'après-midi...
— Ben vous voyez on aura le temps de rester un moment à la rivière...
Aller on y retourne, il reste encore 8 kms, mais ça va grimper de plus en plus...
Moi je constatais que c'était déjà bien raide, nous avions fait des petites pauses...
Bon aller Go on y va ...
2 kms pas mal raides, mais ce qui commençait à être inquiétant, c’étaient les grondements, et les gros nuages gris de plus chargés !
Josette avait perdu son enthousiasme aussi. Nos deux filles rigolaient de nous voir un peu paniquées un peu plus haut elles ne rigolaient plus...
Effectivement 2kms plus loin, la pluie commença à nous gênait fortement, il fallait descendre des vélos, on ne pouvait plus pédaler, il
fallait avancer en marchant.
On rentre dans la forêt crièrent les filles !!
Non cria Josette, c’est dangereux, le premier sentier qu’il soit à gauche ou à droite il faudra le prendre, c’est le seul endroit où on peut trouver un abri... !
Un quart d'heure de marche sous la pluie, et toujours rien, nos kways devaient être mort de rire dans nos placards !
Puis Nathalie de crier, là-bas un chemin, à gauche... tout le monde accéléra le pas … et nous rentrions sur ce petit sentier ou la voûte des branches nous protégeait un peu de la pluie...
Il devrait avoir un abri ou peut-être une cabane, une grange, les anciens paysans y mettraient leurs outils ou tout simplement venaient s'abriter en cas d’orage, leurs champs sont juste derrière cette forêt. La rivière doit se trouver à gauche de cette forêt...
La pluie redoublait d'intensité, la voûte des arbres ne faisaient plus bagage...nous commencions à nous poser certaines questions pas très rassurantes il était 18 heures, on avait dit aux hommes qu’au plus tard nous rentrions à 19heure..., en juillet il fait jour encore très tard...
Puis le cri de de Laurence nous réveilla de nos pensées
— Regardez, regardez !. Elle pointait du doigt, et ne trouvait plus ses mots, pour dire une cabane. Une cabane...il pleuvait à sceau. ... il
était temps que l'on trouve un abri... nous étions trempés.
C'était plutôt une espèce de vieille grange la porte s’ouvrait sans clé.
Elle grinça à l’ouverture.…
Et sans attendre nous rentrâmes.
Il faisait noir, on n’y voyait pas grand-chose... normal...au bout de quelques minutes, nous commencions à distinguer des choses... la
roue d’une charrette, des pelles des Pioches, des balaies. Puis encore un cri… maman, maman, des araignées, des araignées. Il fallait taire Laurence, on connaissait sa phobie des araignées. Je pris le grand balai-brosse la toile d'araignée n’était pas bien grande, quelques habitantes. On ouvrit la vieille porte pour extraire ces horribles monstres.
Il vaut mieux laisser la porte ouverte dit Suzanne on voit mieux.
La grange était vieille. Mais pas vraiment sale... Dans un coin il y avait une vieille table bancale quelques objets...
Tiens un rouleau de papier. Ça ce n’était pas vieux ... puis soudain, un bruit bizarre venu d’en haut, un escalier contre le mur qui conduisait sûrement à cette petite mezzanine que nous découvrions à cause du bruit…
Panique !
C’était quoi ce bruit ? il y a quelqu’un là-haut chuchota Josiane ?
Nathalie et Laurence se blottirent contre leur mère : maman, maman il faut partir.
Même sous la pluie, on laisse les vélos et ….
— Chut ! j’ai entendu un cri, il y a quelqu’un là-haut hurla Josette
Des petits cris comme des plaintes, il faut aller voir continua Josette, c’est peut-être quelqu’un qui a besoin d’aide …. Il faut monter voir
— Non, non, tata, larmoya Nathalie, n’y va pas !
Vous répondez là en haut dit à son tour Suzanne !
Aucune réponse, ni bruit, bon et Josette en indiquant le gros balai, la pioche et le bâton, nous indiqua de la suivre, en montant doucement les escaliers qui menaient à la mezzanine. Josiane et les enfants restaient en bas au cas où, il fallut chercher de l’aide.
On entendait les craquements des marches, malgré notre lenteur à les gravir.
Josette s’arrêta à mi-chemin, donna trois coups sur la marche avec son bâton,
Je ravalais un fou rire, à la vue de la situation ! On entendit encore un bruit, puis une envolée.
De paille, Josette gravit les trois marches restantes puis… Un Ho !
Nous derrière, devant le spectacle, interloquées !
La pauvre, continua Josette, on lui a fait peur, elle a essayé de s’envoler, puis m’adressant aux filles restées en bas, montez, venez
voir ! On restait toutes émues devant ce spectacle, on ne sentait plus nos vêtements mouillés, Josette avait l’habitude des animaux qu’elle recueillait souvent.
Doucement, accroupie Josette la caressa, elle se laissait faire.
Voilà notre brigand ! Ironisa Josette ! C’est une Chouette – Chevêche, avec ce pansement grossier à
L’œil, quelqu'un a dû la trouver blesser et la monter ici pour la protéger, mais sans soin et nourriture elle ne survivra pas, de plus elle a une blessure à l’aile.
Mais comment on va faire, dit Nathalie, il pleut toujours dehors !
— Chut, écoutez, un bruit de voiture, les filles descendirent en vitesse les escaliers, poussèrent la porte entrebâillée et se mirent à crier ! Une voiture, une voiture Josette une voiture !
En quelques secondes nous étions en bas en faisant des grands signes, la voiture nous répondit par des coups de phares, elle nous
avait vu, puis stoppa arrivée à notre hauteur !
— Mais que faites-vous là ? S’écria le conducteur en sortant de la voiture !
— Patrick, Patrick cria Josette, mon Dieu un miracle ! Viens rentrons à l’intérieur.
C’était Patrick Fèvre, le voisin de Josette, c’était un hasard qu’il passe par là, on lui expliqua notre mésaventure, et la chouette blessée, et puis notre angoisse, il était 19 heures, notre famille devait être affolée !
— Je pense bien qu’elle doit être en souci, continua Patrick. Heureusement que j’ai pris mon break bâché aujourd’hui, cependant les vélos on va les renter vous viendrez les chercher plus tard...
— Et la chouette on peut la prendre ? Demanda Suzanne. Elle va mourir si on la laisse là !
—Oui bien sur j’ai une couverture à l’arrière, vous l’enroulerez, ce sont les enfants qui ont dû la monter là-haut, comme ils le font souvent avec les animaux, mais la plupart on les retrouve mort.
– Bon aller on va aller, Josette tu montes devant avec la chouette, les autres comme vous pouvez à l’arrière, dans un quart d’heure nous serons à Montcony, vous pourrez vous changer, et vous réchauffer !
Pendant le trajet on raconta en détail à Patrick notre aventure !
Inutile de vous dire la joie de notre famille de nous revoir, ils étaient sur le point d’avertir la gendarmerie ! Aventure qui finit bien, et qui fit le tour des bourgades ! On ne vit jamais cette rivière, de Saint Usuge ! Aller savoir pourquoi ! Josette ne la proposa plus jamais !
Et pour la petite histoire, dans d’autres circonstances, ma sœur Suzanne à bien élevée une chouette Chevêche, quelle avait trouvée sur le chemin de son travail, elle l’appela « Prudence « le jour du Saint de sa trouvaille elle était blessée à l’aile et un œil crevé, elle vécue pendant 12 ans ! Elle fut la mascotte des petits et des grands !
Marie


