top of page
Stylo à plume

Pierre a proposé:

​​

(Ce texte , Eloge de la Fatigue, écrit par Robert Lamoureux, a été en partie caché et rendu illisible par une tasse de café malencontreusement renversée sur ma feuille de papier. Il s’agit pour vous aujourd’hui de le reconstituer à votre guise) 

                                                                                                

 XX XXXXXXXXXXXXXXX, Monsieur, que j’ai mauvaise mine

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX la vie que je mène je me ruine

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX rien à trop se prodiguer

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX enfin que je suis fatigué

 

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX Monsieur, mais je m’en flatte

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX et le cœur, la voix, la rate

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX je me réveille las,

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX, Monsieur, je ne m’en soucie pas

 

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXX soucie, je me ridiculise 

XXXXXXXXXXXXXXXXXX n’est qu’une vantardise

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX s aussi fatigué qu’on le croît

XXXXXXXXXXXXXXXXX n’en a-t-on pas le droit

 

XXXXXXXXXXXXXXXXX pas des tristes lassitudes

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX le corps harassé d’habitudes

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX mouvoir, que de pâles raisons

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX soi son unique horizon 

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX à perdre, à vaincre ou à défendre

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX mauvaise à entendre

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX l’œil morne, le dos rond

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXX t d’un vivant moribond

 

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX r sous le poids formidable  

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX beau jour on s’est fait responsable

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX joies ou des pleurs dans ses mains

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX l’outil, qu’on est le lendemain                                                                             

Mauvaise Mine

Mon miroir me dit, Monsieur, que j’ai mauvaise mine

Je sais qu’avec la vie que je mène, je me ruine.

Il est évident que je suis fatigué de trop me prodiguer. 

J’ai une vie trépidante, de mes jours, c’est normal, enfin que je suis fatigué. 

Oui, je ressens cette fatigue, Monsieur, mais je m'en flatte, 

Si mes forces s’éteignent, le cœur, la voix, la rate

Qu’importe, Monsieur, si je me réveille las

Voyez-vous, j’en suis heureux, Monsieur, je ne m’en soucie pas.

J’aime ma vie et si je m’en soucie, je me ridiculise

Si je me réveille las, ce n’est qu’une vantardise,

Si un jour Monsieur, je suis aussi fatigué qu’on le croit 

Mais Monsieur, n’en a-t-on pas le droit

Bien sûr, je suis usé par de tristes lassitudes

Souvent, je me ridiculise, le corps harassé d’habitude

Je n’ai pour me mouvoir que de pâles raisons.

C’est dans mon esprit, en soi, son unique horizon

On a le droit de se perdre, à vaincre ou à défendre.

Pour moi, c’est une mélodie mauvaise à entendre

Silhouette chancelante l’œil morne, le dos rond

Je sais que je ressemble à un vivant moribond

De ces jours bien chargés sous le poids formidable

Perdre à vaincre ou à défendre, un beau jour on s’est fait responsable.

Notre combat, des joies ou des pleurs dans ses mains 

On surprend à chercher l'outil qu'on est le lendemain,

Annie M.

Poème fatigué

Voyez- vous Monsieur que j’ai mauvaise mine

C’est que la rime me mène, je me ruine

Ça ne mène à rien à trop se prodiguer

C’est ta faute enfin que je suis fatigué

 

La rime me mange Monsieur, mais je m’en flatte 

Elle empoisonne le cœur le foie la rate 

Elle se dilate et paf, je me réveille las 

Mais de mon malheur Monsieur je ne me soucie pas

 

La croire qui se soucie, je me ridiculise

Cracher de la rime n’est qu’une vantardise

Et on n’est pas aussi fatigué qu’on le croit

Mais avec la rime n’en a-t-on pas le droit ?

 

Hébété n’est-ce pas des tristes lassitudes

On maudit le corps harassé d’habitudes 

La rime à trop se mouvoir, que de pales raisons 

 A vouloir pour soi son unique horizon

 

De la rime à perdre, à vaincre ou à défendre 

Toujours de la mauvaise à entendre

 Rime avachie l’œil morne, le dos rond 

 Hyène ricanante d’un vivant moribond

 

 Et elle de nous engloutir sous le poids formidable  

 De ce lamentable beau jour on s’est fait responsable 

 De ses mesquines joies ou des pleurs dans ses mains

 Pour devenir l’outil qu’on est le lendemain

Gérard

Je viens vous montrer, Monsieur, que j’ai mauvaise mine

Depuis plusieurs mois avec la vie que je mène je me ruine

Cela ne mène à rien à trop se prodiguer.

Et toutes ses mondanités montrent enfin que je suis fatigué

 

Mon visage est tout blanc, Monsieur, mais je m’en flatte

Les yeux, les poumons, la gorge, le cœur, la voix, la rate

Tout cela ne marche plus, je me réveille las

Mais là n’est pas le problème, Monsieur, je ne m’en soucie pas

 

Ma hantise, si je m’en soucie, je me ridiculise

Ne rien faire n’est qu’une vantardise

Et je l’avoue je ne suis jamais aussi fatigué qu’on le croit

Mais parfois mentir n’en a-t-on pas le droit ?

 

Doucement je m’éloigne pas à pas des tristes lassitudes

Et m’étend dans un lit moelleux le corps harassé d’habitudes

Espérant sans trop me mouvoir, que de pâles raisons

Eloignent le travail de mon esprit refusant que ce soit son seul horizon

 

Lutter indéfiniment à perdre, à vaincre ou à défendre

Une cause si mauvaise à entendre

Que l’on se réveille vieux, l’œil morne, le dos rond

Si fatigué que l’on a l’aspect d’un vivant moribond

 

Et harassé fourbu sous le poids formidable

Des mauvaise excuses qu’un beau jour on s’est fait responsable

Cherchant des instants de joies ou des pleurs dans ses mains

S’apercevant trop tard, de sa vie on a plus l’outil, qu’on est le lendemain.

Nicole

Vous voyez bien, Monsieur, que j’ai mauvaise mine

Comprenez Madame qu’avec la vie que je mène je me ruine

Je sais trop bien que l’on ne gagne rien à trop se prodiguer

Et que les soirs venus vous comprendrez enfin que je suis fatigué

 

Je pourrai m’économiser Monsieur, mais je m’en flatte

Je m’userai les muscles, et le cœur, la voix, la rate

Rien à ce jour ne m’arrête et je me réveille las,

Alors les crampes, la douleur, Monsieur, je ne m’en soucie pas

 

De tout cela je ne me soucie, je me ridiculise 

Le déni de mon état n’est qu’une vantardise

Je vous défie de prouver que je suis aussi fatigué qu’on le croît

De le nier enfin, n’en a-t-on pas le droit

 

Je ne me préoccupe pas des tristes lassitudes

Ni de l’usure qui sape le corps harassé d’habitudes

Il ne me suffira plus seulement pour me mouvoir, que de pâles raisons

Avant de faire enfin de soi son unique horizon 

 

Alors, lorsque je n’aurai plus rien à perdre, à vaincre ou à défendre

Rien que morale usée et prédiction mauvaise à entendre

Je me replierai sur moi, indifférent, l’œil morne, le dos rond

Je prendrai l’aspect d’un vivant moribond

 

Mais afin de ne pas ployer sous le poids formidable

Des obligations dont un beau jour on s’est fait responsable

Retrouver la responsabilité des joies ou des pleurs dans ses mains

Reprendre à nouveau la maîtrise de l’outil, qu’on est le lendemain

Didier

Vous me dites, Monsieur, que j’ai mauvaise mine

Qu’avec la vie que je mène je me ruine

Que les abus ne changent en rien à trop se prodiguer,

Vous trouvez enfin que je suis fatigué.

 

Alors, sachez Monsieur, mais je m’en flatte 

Qu’ils réjouissent le coeur, la voix, la rate

Et si chaque matin, je me réveille las

Croyez, Monsieur, je ne m’en soucie pas.

 

Si cela me soucie, je me ridiculise

Je vous assure ce n’est qu’une vantardise

Je ne suis pas aussi fatigué qu’on le croit

Et d’ailleurs, n’en a-t-on pas le droit ?

 

De cette vie, je n’en ai pas de tristes lassitudes,

Même si parfois, le corps harassé d’habitudes

Me gêne pour me mouvoir, que de pâles raisons

Eloignent de soi son unique horizon

 

Continuer pour ne pas la perdre, à vaincre ou à défendre

Toute cette réprimande mauvaise à entendre

Même si parfois j’ai l’oeil morne, le dos rond,

Je ressens en moi, l’élan d’un vivant moribond.

 

Et puis, réveillé sous le poids formidable

Arrive enfin le beau jour on s’est fait responsable

On renaît à la vie avec des joies ou des pleurs dans ses mains

Et l’on trouve l’outil, qu’on est le lendemain.

Denise

Je sais, Monsieur, que j’ai mauvaise mine

Avec la vie que je mène je me ruine

On ne gagne rien à trop se prodiguer.

Mais je constate enfin que je suis fatigué.

Oui Monsieur, mais je m’en flatte

Je mène la vie dure à mes organes, le coeur, la voix, la rate

Le matin je me réveille las

De cela, monsieur je ne m’en soucie pas.

Si je m’en soucie, je me ridiculise

Le dire n’est qu’une vantardise

Je ne suis pas aussi fatigué qu’on le croit   

Et à mon âge n’en a-t-on pas le droit

Qui n’a pas des tristes lassitudes    

Et le corps harassé d’habitudes

Pour ne pas se mouvoir, que de pâles habitudes

Avoir son fauteuil pour soi unique horizon.

Je n’ai rien à perdre, à vaincre ou à défendre  

Ni de raison mauvaise à entendre

Si j’ai l’oeil morne, le dos rond

Ai-je l’air d’un vivant moribond

Aujourd’hui du remords sous le poids formidable

De nos maux un beau jour on s’est fait responsable

Tenant des joies ou des pleurs dans ses mains

N’étant pas guéri on constate pour cela, faute d’outil, qu’on est le lendemain

Christiane

Et pour conclure, Robert Lamoureux l’auteur du poême ‘’Eloge de la fatigue’’ avait écrit :

 

Vous me dites, Monsieur, que j’ai mauvaise mine

Qu’avec cette vie que je mène je me ruine

Que l’on ne gagne rien à trop se prodiguer.

Vous me dites enfin que je suis fatigué

Oui je suis fatigué, Monsieur, mais je m’en flatte

J’ai tout de fatigué, le cœur, la voix, la rate

Je m’endors, épuisé, je me réveille las

Mais grâce à Dieu, Monsieur, je ne m’en soucie pas

Et quand je m’en soucie, je me ridiculise

La fatigue souvent n’est qu’une vantardise

On n’est jamais aussi fatigué qu’on le croit

Et quand cela serait, n’en a-t-on pas le droit ?

Je ne vous parle pas des tristes lassitudes

Qu’on a lorsque le corps harassé d’habitudes

N’a plus pour se mouvoir, que de pâles raisons

Lorsqu’on a fait de soi son unique horizon

Lorsqu’on n’a rien à perdre, à vaincre ou à défendre

Cette fatigue-là est mauvaise à entendre

Elle fait le front lourd, l’œil morne, le dos rond

Et vous donne l’aspect d’un vivant moribond

Mais se sentir plier sous le poids formidable

Des vies dont un beau jour on s’est fait responsable

Savoir qu’on a des joies ou des pleurs dans ses mains

Savoir qu’on est l’outil, qu’on est le lendemain

Savoir qu’on est le chef, savoir qu’on est la source

Aider une existence à continuer sa course

Et pour cela se battre à s’en user le cœur

Cette fatigue-là, Monsieur, c’est du bonheur

Et sûr, qu’à chaque pas, à chaque assaut qu’on livre

On va aider un être à vivre ou à survivre

Et sûr qu’on est le port et la route et le gué

Où prendrait-on le droit d’être trop fatigué ?

Ceux qui font de leur vie une belle aventure

Marquent chaque victoire en creux sur leur figure

Et quand le malheur vient y mettre un creux de plus

Parmi tant d’autres creux, il passe inaperçu

La fatigue, Monsieur, c’est un prix toujours juste

C’est le prix d’une journée d’efforts et de luttes

C’est le prix d’un labour, d’un mur ou d’un exploit

Non pas le prix qu’on paie, mais celui qu’on reçoit

C’est le prix d’un travail, d’une journée remplie

Et c’est la preuve aussi qu’on vit avec la vie

Quand je rentre la nuit et que ma maison dort

J’écoute mes sommeils, et là je me sens fort

Je me sens tout gonflé de mon humble souffrance

Et ma fatigue alors, c’est une récompense

Et vous me conseillez d’aller me reposer ?

Mais si j’acceptais là ce que vous proposez,

Si je m’abandonnais à votre douce intrigue,

Mais je mourrais Monsieur, tristement … de Fatigue.

Robert Lamoureux

bottom of page